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Déficit de la sécurité sociale

La Cnam veut réduire l’usage inconsidéré des antibiotiques


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L'assurance maladie lancera à partir du 12 octobre, un vaste programme d'information et de prévention auprès des médecins et des patients en vue de réfréner l’ usage des antibiotiques pour réduire la résistance des bactéries à ces molécules et faire baisser le taux des prescriptions onéreuses et inutiles.

Les antibiotiques, c'est pas automatique

"Les antibiotiques, c'est pas automatique", c’est sur ce thème qu’une grande campagne télévisée de sensibilisation de l'opinion sera lancée le 12 octobre. "C'est une démarche de santé publique mais qui s'inscrit aussi dans le renouveau de la politique conventionnelle (entre médecins et Cnam, ndlr) à travers les accords de bon usage des soins, sur l'exemple de la visite à domicile", a souligné le directeur de la Cnam, Daniel Lenoir, lors de la présentation de ce dispositif à la presse. "Outre notre mission de prévention, il s'agit, d'optimiser la dépense consacrée à la santé", a-t-il ajouté.Selon la Cnam, la France, avec 80 millions de prescriptions par an en médecine de ville, détient le record d'Europe de la consommation d'antibiotiques. "Si rien n'est fait, les antibiotiques pourraient à terme perdre toute efficacité", avertit-elle, soulignant que "le taux de résistance du pneumocoque aux pénicillines est passé de 0,5% en 1984 à 42% en 1999 et, pour les enfants, à 60% en 2001".Partant de ce constat, la Cnam a lancé une étude nationale auprès de 1.000 patients et de 800 médecins: elle met en évidence "la complexité du système qui régit la prescription et la consommation d'antibiotiques" et montre qu'"un meilleur usage des antibiotiques est possible".

fiches de connaissance

Un plan d'actions en trois grandes étapes mené en collaboration avec d'autres partenaires de la santé - ministère de la Santé, professionnels de santé...- a été engagé sur deux ans. La première phase a commencé en mai, par l'interrogation d'une centaine de médecins sur leurs pratiques quotidiennes et l'identification des problèmes. La deuxième démarre le 12 octobre, avec le lancement d'une campagne de communication auprès du grand public.Six mois durant et 12 jours par mois, des spots publicitaires sur les six chaînes de télévision chercheront à faire reculer le préjugé selon lequel l'antibiotique est la solution à une maladie virale (grippe, rhinopharyngite...)."Cela vous viendrait-il à l'idée de prendre de l'insuline alors que vous n'avez pas de diabète ?", résume le Pr Henri Portier, chef de service maladies infectieuses et tropicales au CHU de Dijon.Une campagne d'affichage sera également menée dans les cabinets. Les médecins recevront des "fiches de connaissance" pour leur propre information et des dépliants à l'intention des patients.

Un bilan sera effectué à l'été 2003.

Autre action résultat de l'accord du 5 juin entre généralistes et Cnam: la distribution, qui vient de démarrer, pendant trois ans, de 2 à 8 millions de tests de dépistage rapide des angines (TDR, budget: 12 millions d'euros) auxpraticiens. Ces TDR permettent d'identifier la nature de l'angine afin de déterminer s'il faut la traiter ou non par antibiotique."Une expérimentation-test depuis 1999 en Bourgogne permet d'estimer que 6 à 7 millions de prescriptions d'antibiotiques pourront être évitées à l'échelle nationale" sur environ 9 millions réalisées chaque année pour les angines, selon la Cnam.Le 5 juin, les partenaires de l'accord tablaient sur 100 millions d'euros d'économie possibles à terme en année pleine.



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