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Archives Dossiers Fin de vie - décès
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Le deuil

Pourquoi les aînés souffrent-ils tant de leurs deuils ?

« Depuis que mon époux est décédé, je suis triste,  je me sens incomprise, seule, comme si une part de moi était morte avec lui. Mais pour les autres, il avait l’âge de mourir et cela n’a rien de catastrophique. »

À la mort d’un époux, de frères et sœurs, d’amis du même âge, parfois d’enfants, s’ajoute souvent la perte de la santé, de l’autonomie, du milieu de vie (en cas d’entrée en maison de retraite), du petit animal favori… Pour se remettre de toutes ces pertes, il faudrait du temps aux aînés. Or, bien souvent, cette succession ne leur donne précisément pas le temps de faire face à l’absence et aux sentiments qu’elle suscite en eux. Pas le temps de « faire leur deuil », c’est à dire de traverser l’épreuve de la mort d’un proche, de l’affronter réellement et de s’en remettre assez pour continuer à aimer vivre.

Pourquoi aider les personnes âgées à faire leur deuil ?

Parce qu’elles sont à une période de leur vie où le passé revêt une grande importance, des pertes même anciennes continuent de hanter leur esprit et de produire des effets néfastes sur leur personnalité. Les personnes âgées sont aussi plus fragiles que les jeunes. Certaines sont ainsi portées à la tristesse et à la déprime jusqu’à ne plus vouloir continuer de vivre. D’autres traduisent leur souffrance par des attitudes hostiles envers leur entourage. Pouvoir parler de leur chagrin, de ceux qui leur manquent, les aide à alléger leurs états dépressifs et à exprimer leur souffrance autrement que par des comportements agressifs.

Quelques suggestions pour les aider

On ne doit jamais forcer quelqu’un. Mais il faut saisir les occasions où il manifeste le désir de parler de son deuil, pour l’inviter à en dire davantage.

  • Prendre le temps d’écouter. Il s’agit de laisser l’aïeul parler comme il l’entend, sans essayer de le distraire ou de le consoler outre mesure. Parfois, on aura l’impression qu’il se répète. Mais, si on l’écoute bien, on aura l’impression que la narration se fait de plus en plus cohérente, comme si sa mémoire se dégelait peu à peu.
  • Reconnaître son chagrin. À la vue d’une personne âgée qui pleure, certains proches ou soignants sont, à tort, enclins à l’empêcher d’exprimer sa tristesse. Or les pleurs contribuent à libérer le trop plein d’émotions. ne pas pouvoir les exprimer risque de rendre malade. L’expression de l’émotion est passagère et elle contribue à l’équilibre personnel.
  • Se montrer patient. Faire son deuil exige beaucoup d’énergie et une personne âgée n’en a pas tellement. Aussi est-il préférable de ne pas trop prolonger les moments d’écoute pour lui éviter trop de fatigue. Plutôt que de vouloir épuiser le sujet d’un seul coup, il vaut mieux y revenir à plusieurs reprises. De plus, le processus du deuil chez les personnes âgées s’avère plus lent que chez les jeunes personnes. Une raison supplémentaire de prendre patience.

  • Atouts Presse avec le concours de Jean Monbourquette, psychologue, professeur à l’université d’Ottawa (Canada)
    mis à jour le 13/02/2007

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