« Depuis que mon époux est décédé, je suis triste, je me sens incomprise, seule, comme si une part de moi était morte avec lui. Mais pour les autres, il avait l’âge de mourir et cela n’a rien de catastrophique. »
À la mort d’un époux, de frères et sœurs, d’amis du même âge, parfois d’enfants, s’ajoute souvent la perte de la santé, de l’autonomie, du milieu de vie (en cas d’entrée en maison de retraite), du petit animal favori… Pour se remettre de toutes ces pertes, il faudrait du temps aux aînés. Or, bien souvent, cette succession ne leur donne précisément pas le temps de faire face à l’absence et aux sentiments qu’elle suscite en eux. Pas le temps de « faire leur deuil », c’est à dire de traverser l’épreuve de la mort d’un proche, de l’affronter réellement et de s’en remettre assez pour continuer à aimer vivre.
Parce qu’elles sont à une période de leur vie où le passé revêt une grande importance, des pertes même anciennes continuent de hanter leur esprit et de produire des effets néfastes sur leur personnalité. Les personnes âgées sont aussi plus fragiles que les jeunes. Certaines sont ainsi portées à la tristesse et à la déprime jusqu’à ne plus vouloir continuer de vivre. D’autres traduisent leur souffrance par des attitudes hostiles envers leur entourage. Pouvoir parler de leur chagrin, de ceux qui leur manquent, les aide à alléger leurs états dépressifs et à exprimer leur souffrance autrement que par des comportements agressifs.
On ne doit jamais forcer quelqu’un. Mais il faut saisir les occasions où il manifeste le désir de parler de son deuil, pour l’inviter à en dire davantage.
Atouts Presse avec le concours de Jean Monbourquette, psychologue, professeur à l’université d’Ottawa (Canada)
mis à jour le 13/02/2007