Pénurie de personnels, conditions de travaildifficiles, rémunérations peu attractives: le monde infirmier, s’est retrouvé mercredi 6 novembre et pour trois jours à Paris, à l’occasion du Salon infirmier 2002 pour faire le point sur son avenir.
La pénurie est criante. Combien manque-t- il d’infirmiers et d’infirmières en France? "Environ 30.000. Le privé est sinistré, le public est sinistré, le scolaire, le pénitentiaire et le libéral sont sinistrés, tous les secteurs d'activité sont touchés", indique Françoise Rosenblatt, ancienne infirmière et organisatrice du Salon infirmier 2002 qui s'est ouvert mercredi 6 novembre, midi.Les quelque 400.000 infirmiers et infirmières en exercice "manquent de visibilité sur leur avenir", a déclaré Mme Rosenblatt. Selon la Fédération nationale des infirmiers (FNI), "un vrai mouvement de fond existe: les infirmières songent à changer d'activité voire à la cesser, à cause du manque de perspective dans le système de soins".
Les difficultés liées à la mise en place des 35 heures, dans le public comme dans les cliniques privées, n’ont pas été le seul problème évoqué au long des 80 conférences, débats et animations. La pénurie d'infirmières a été largement abordée d'abord par une conférence sur le thème "l'attractivité de l'hôpital: comment motiver et fidéliser les infirmières" mais aussi par la présence d'une zone d'exposition "emploi-recrutement" de 2.000 m2."Plus de 70 hôpitaux y avaient leur stand pour tenter d'attirer de nouvelles recrues", a indiqué Mme Rosenblatt, inquiète de la "démotivation" des infirmières en raison d'un statut encore peu attractif d'un métier qui nécessite trois ans d'études, quatre et demi pour une spécialisation en bloc opératoire et cinq en anesthésie.Signe de désaffection pour ce métier, environ 10% des places à l'entrée des écoles ne sont pas actuellement pourvues, au point que le gouvernement, malgré des besoins criants, a laissé en état pour 2003 le numerus clausus à l'entrée des instituts de formation de soins infirmiers.La question de la rémunération est au centre du mal-être de la profession qui en libéral attend toujours la rémunération de la télétransmission des feuilles de soins électroniques aux caisses d'assurance maladie et la revalorisation de la prise en charge des diabétiques. A l'hôpital, le salaire d'embauche est d'environ 1.300 euros par mois et d'environ 2.050 euros en fin de carrière.
Y.M
mis à jour le 11/11/2002
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