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Maladie d'Alzheimer : témoignage de Catherine Ollivet

L'Etat deviendrait-il maltraitant ?


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769 000 personnes de plus de 75 ans sont frappées en France par des maladies cérébrales de type Alzheimer, c'està dire 1 million de malades tous âges confondus.Selon l'enquête "Handicap-Incapacité-Dépendance" sur les aidants de personnes âgées dépendantes, seulement 21% de ces personnes bénéficient exclusivementd'une aide professionnelle.Pour toutes les autres, l'aide provient essentiellement de la famille proche, soit3 700 000 aidants non professionnels de personnes âgées dépendantes.

Une solidarité familiale mise à rude épreuve

C'est dire si dans notre pays, tout repose sur la solidarité familiale, y compris pour les plus dépendantes, les plus fragiles des personnes âgées : les malades Alzheimer ou apparentés.Tant que notre pays continuera à confondre dans un amalgame purement comptabl, les "aînés vieillissants" qui ont des besoins sociaux, et les personnes , quel que soit leur âge, souffrant de maladies chroniques entraînant des incapacités physiques et/ou intellectuelles et donc une dépendance lourde, tant que notre pays refusera la solidarité nationale à des personnes malades avec des besoins de soins et de prévention, des besoins d'accompagnement spécifique par du personnel qualifié, des besoins essentiels de vie, alors notre pays continuera a être le triste exemple en Europe de la maltraitance d'état envers plusieurs millions de ses citoyens, aidants familiaux et aidés.

Réforme de l'APA : maltraitance d'Etat ?

Le projet de réforme de l'APA est le plus lamentable exemple de cette maltraitance d'état.Comment allons nous faire comprendre, dans nos réunions de familles de malades Alzheimer ou apparentés, que telle personne malade qui a bénéficié de l'APA en 2002 touchera plus que le même malade quelques maisons plus loin qui aura eu le malheur d'avoir droit à la version 2003 ?Comment faire admettre qu'à revenus égaux, le ticket modérateur à charge de l'un sera inférieur au ticket modérateur de l'autre ?Lorsqu'on sait combien en trois ans, un malade de type Alzheimer peut évoluer et s'aggraver, comment les familles "aux droits 2002" pourront elles demander une réévaluation pourtant justifiée, du plan d'aide, sachant que ce sera au prix de basculer dans la nouvelle formule des droits 2003 avec peut être même la menace qui reste suspendue au dessus des têtes de la récupération sur succession ?Le ministère avance l'explication que cette réduction drastique est également justifiée par le déséquilibre de l'aide APA à domicile par rapport à l'APA en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.Mais aucune proposition n'est conjointement formulée pour améliorer la charge scandaleuse du tarif hébergement infligé à des malades et à leur famille lorsque le domicile a atteint les limites extrêmes du supportable.Les familles de malades Alzheimer ou apparentés doivent elles comprendre que dans une pure logique comptable notre pays a "choisi son camp" : plus leurs malades dépendants seront mal soignés, moins ils vivront longtemps.........moins ils coûteront ?



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