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Vieillir aujourd'hui, entre la peur et l'espoir

Vieillir aujourd'hui, c'est l'espoir qui prime


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Les interventions ont été placées sous le signe de l'optimisme, même s¹il ne faut pas oublier que la vieillesse peut être aussi un calvaire si on ne s'y prépare pas.La prévention, notamment, était au centre de toutes les préoccupations. Dès l'introduction des débats, le Professeur Jean-François DARTIGUES, neurologue, professeur de Santé publique, Président du Conseil Scientifique d'AGRICA l'a souligné : la prévention est nécessaire à tous les âges de la vie, ce qui permet à la personne qui vieillit de ne pas devenir dépendante.Même à 85 ans, la prévention, c'est valable.Selon lui, 4 pistes pour une prévention optimale :
  • surveiller son état cardio-vasculaire,
  • l'alimentation (attention au routinisme !),
  • la stimulation cognitive,
  • le support affectif.
  • Les facteurs cardio-vasculaires de longévité

    Une étude originale a été présentée.Elle portait justement sur l'une de ces pistes : les facteurs cardio-vasculaires de longévité.Titre de l'Etude : " Comparaison du profil cardio-vasculaire des individus ayant survécu au delà de 80 ans et ceux décédés avant cet âge ".Elle portait sur 4708 individus entre 65 et 75 ans étudiés de 1972 à 1988.Elle était présentée par le Professeur Louis GUIZE, membre du Conseil Scientifique d¹AGRICA, cardiologue, chef de service à l¹Hôpital Georges Pompidou et le Professeur Athanase BENETOS, Professeur de médecine interne et de gériatrie et chef de l¹Unité de Prévention Gériatrique au C.H.U. de Nancy. Après la présentation par le Professeur GUIZE du centre IPC qui a réalisé l¹étude, le Professeur BENETOS a présenté les résultats, dont voici les points à retenir :

  • 3 grands facteurs interviennent dans la survie après 80 ans : la génétique, l'environnement, la chance,
  • Les paramètres qui font la différence : une pression artérielle systolique et une fréquence cardiaque basses, pas de pathologie cardiaque, modération de la consommation de vin,absence de problème ventilatoire notoire, l'obésité, mais aussi l'activité physique égale ou supérieure à 2 heures par jour, en privilégiant notamment les activités d'endurance, en particulier la marche et la natation,
  • Un résultat surprenant cependant : le niveau de cholestérol n'est pas aussi important que ce que l¹on peut penser. Plus un sujet est âgé, moins le niveau de cholestérol est mis en cause.
  • L'allongement de la durée de vie est une chance et un privilège

    Pour le Professeur Françoise FORETTE, Directeur de la Fondation Nationale de Gérontologie, l'allongement de la durée de vie est une chance et un privilège.Plusieurs facteurs primordiaux quant à la qualité de vie : un bon état de santé bien sûr, mais aussi l¹autonomie financière, des liens familiaux et un rôle social développés. Elle confirme les résultats de l'étude : l'activité intellectuelle, sociale et physique décuple les chances d'une vie harmonieuse à un âge avancé. Cependant, on ne vieillit pas tous de la même façon : le niveau socio-économique et l'accès aux soins sont primordiaux. Les femmes ont l'avantage, elles vivent en moyenne 8 ans de plus que les hommes. La prévention des démences, notamment Alzheimer, est capitale pour le " Bien-Vieillir ". Cependant, plusieurs approches préventives se sont révélées décevantes pour le moment.

    Les conséquences du vieillissement démographique

    Il appartenait au Professeur Alain GRAND, professeur de Santé publique, sociologue, membre du Conseil Scientifique d'AGRICA, d'expliquer les conséquences du vieillissement démographique.Le 3ème âge est devenu une période d'accomplissement de soi, tandis que le 4ème âge signifie maintenant désengagement, déprise, maladies.La prise en charge de la personne dépendante n'est plus systématiquement assurée par la famille, l'offre professionnelle se développe et la dépendance devient de plus en plus consumériste.L'équilibre actifs/inactifs devient précaire, ce qui, outre le problème des retraites, fait que le nombre d'aidants potentiels diminue.Le Recteur Gérard-François DUMONT, professeur à la Sorbonne, président de Population & Avenir, a insisté sur le vieillissement en Europe et ses conséquences économiques. L'espérance de vie augmente au sein de l'Europe des 15, mais la tendance va s'inverser du fait de l¹arrivée de Pays de l'Est dans l¹Union Européenne. La baisse du taux de fécondité est très importante chez les 15 : l'indice y est de 2,1 enfants par femme et on a un ratio de 105 garçons pour 100 filles à la naissance. Il convient aussi de bien comprendre 2 concepts qu'on a trop tendance à amalgamer. La gérontocroissance est l'augmentation du nombre de personnes âgées dans une population, tandis que le vieillissement est l¹augmentation de la proportion des générations les plus âgées dans une population.

    Des réponses politiques et philosophiques

    Il appartenait au Sénateur Jean-Louis LORRAIN, sénateur, vice-président de la commission des Affaires sociales du Sénat, d'apporter des réponses politiques.En France, le vieillissement signifie aussi sortie précoce du monde du travail. Il faut améliorer la visibilité des finances des personnes âgées, les conditions de vie, pallier aux inégalités sociales. En cela, l'APA a apporté la modernisation, mais il faut développer hébergement temporaire et de jour. Il faut cependant se souvenir que le vieillissement est une opportunité, en aucun cas une catastrophe.Selon Xavier GAULLIER, sociologue, chercheur au CNRS, il faut se pencher sur la retraite et pas seulement sur son financement. La vie d'un retraité a augmenté de 10 ans en moyenne.Deux raisons à cela : un départ précoce du travail, une augmentation de l'espérance de vie.Que faire de tout ce temps ? La solution n'est pas 40 ans de travail et 20 ans de retraite, mais il serait préférable de faire un ratio 2 tiers/1 tiers. Quand à la question de l'emploi des salariés âgés, les entreprises doivent relever le challenge de la prise en charge des 55-60 ans. Le marché du travail des retraités doit être développé : bien sûr, le bénévolat en pâtira puisque les gens se tourneront naturellement vers des travaux rémunérateurs pour compenser le niveau en baisse des pensions de retraite.Le Professeur Maurice TUBIANA, président honoraire de l'Académie Nationale de Médecine, auteur du livre " Le bien-vieillir, la révolution de l'âge ", preuve vivante s'il en est d'une vieillesse positivée, s'est voulu résolument optimiste. Le regard sur la vieillesse a changé et doit continuer à changer. L'allongement de la vie est formidable : on a gagné 35 ans en un siècle, dont 10 à 12 ans avec les progrès de la médecine. Maintenant, une personne est âgée seulement à partir de 75 ans.Selon lui, 3 types de santé sont le socle : santé physique, mentale et sociale.La santé mentale est le vieillissement normal des capacités intellectuelles et dépend pour beaucoup du mode de vie. L'autonomie est capitale, de même que la santé sociale, le sentiment d'avoir un rôle et d¹être utile à la société.Le Professeur Etienne Emile BAULIEU, professeur au Collège de France, président de l'Académie des Sciences, Institut de France, a apporté une note philosophique à l'issue des travaux de la journée. Selon lui, on a trop fait confiance à la génétique pour gagner en âge. Ce sont d'abord nos attitudes qui sont à modifier, nos circonstances de vie et notre environnement. En cela, notre espèce est supérieure aux autres : il ne s'agit plus de la survie de l'espèce uniquement, à savoir se reproduire et disparaître. L'homme VEUT vivre. Ce siècle sera charnière dans notre évolution : il donnera la possibilité à l'homme de s'accomplir sur la Terre pour une existence plus heureuse.Conclusion par cette citation du Professeur Forette, pour résumer les débats :la révolution de la longévité est un défi éthique et politique.



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