"Le développement des structures mandataires depuis les années 90, très fortement encouragé par les pouvoirs publics, a renforcé la désorganisation de l'aide àdomicile, la paupérisation des professionnels et l'hétérogénéité des réponses. L'aide à domicile est encore un secteur où la pratique du double langage est constante, où l'on prône de façon très officielle le maintien à domicile despersonnes âgées, la qualité, la formation, le dévouement des aides à domicile,l'importance du secteur associatif sans mettre en place , en face, des moyens financiers concrets.Avec le fonds de modernisation de l'aide à domicile inclus dans la nouvelle loi sur l'Aide Personnalisée à l'Autonomie (APA), c'est la première fois, peut-être, que dans le cadre d'un dispositif pour aider les personnes âgées dépendantes, on pense aussi au secteur professionnel. Il était temps, car depuis cet été,nous qui attachons beaucoup d'importance au recrutement et au suivi, nous avons vu arriver des personnes qui ne respectaient pas leurs engagements. Nous sensibilisons bien l'employeur à ce problème et nous l'informons. Mais il faut bienreconnaître que, fragilisée par son âge, la personne n'est pas en mesure d'être employeur. D'ailleurs une jurisprudence récente a requalifié le service mandataire comme l'employeur de fait. Il est nécessaire aujourd'hui de revoir le droit du travail car il doit évoluer. Cela pose une vraie question.De plus, la convention collective des employés de maison est scandaleuse. La notion de présence responsable et de travail effectif autorise tous les abus. Quant à l'obligation de formation représentée par les 0,15% de cotisationssalariales, c'est du racket. Le souci d'une personne dépendante n'est pas de former son aide à domicile mais d'être aidée. Demander à une personne très âgée de justifier le besoin de formation de sa salariée, d'organiser son remplacement, de payer en plus 6 % de prime de précarité à sa remplaçante et de faire l'avance de tous ces frais, ce n'est pas très sérieux. De plus, les formations autorisées sont au maximum de 40 heures , elles ne sont pas suffisantes et empêchent toutes perspectives d'évolution. Sans oublier qu'après le décès d'un employeur, l'aide à domicile recommence à zéro en terme de rémunération. Pourtant, je suis d'une humeur constructive et je dirai comme le philosophe italien Gramsci : le pessimisme de la raison est l'optimisme de la volonté".Philippe Hédin, directeur de l'association Archipel
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mis à jour le 21/11/2007
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