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CANICULE

20.000 morts en Europe, 11 435 en France


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15 à 20.000 décès -- dont 11 435 en France, presque toutes des personnesâgées -- sont mortes des suites de la canicule qui a sévi en Europe pendant lapremière quinzaine d'août.

  • France 11435 personnes sont mortes dans l'Hexagone durant les deux premières semaines d'août des suites de la canicule a indiqué, vendredi 29 août, le ministère de la Santé en attendant le bilan final, probablement beaucoup plus important, prévu pour la deuxième quinzaine de septembre.Les premières estimations du gouvernement, en date du 14 août, sont très largement dépassées. Le ministre de la Santé avait démenti, le 16 août, le chiffre de 5 000 morts publié dans la presse, avant de le juger «plausible» le lendemain. Enfin, l'estimation de 10 416 décès pour les trois premières semaines de ce mois meurtrier, annoncée le 20 août par les Pompes funèbres générales, avait été mise en doute par le ministère de l'Intérieur.Le directeur de l'INVS (Institut national de veille sanitaire), le Pr Gilles Brücker, a reconnu une «part de responsabilité dans le défaut d'alerte des autorités face à la situation». Il a affirmé n'avoir réalisé l'ampleur du drame que lors de la deuxième semaine du mois d'août, quand «les informations, issues des pompiers et des services d'urgence ont permis de voir que nous étions confrontés à un problème réellement grave».Pour la première fois depuis le début de cette crise, ce ne sont plus des estimations qui sont fournies, mais un décompte officiel à partir des décès constatés. Dans les établissements de santé publics et privés (à l'exclusion des maisons de retraite), l'enquête a porté sur les 2 417 décès par hyperthermie grave enregistrés entre le 8 et le 19 août. Sur cet effectif, 81 % des personnes avaient plus de 75 ans, 61 % étaient des femmes. Plus de la moitié de ces décès sont survenus très vite, le jour même ou le lendemain de l'apparition des symptômes. Chez les moins de 60 ans, les personnes souffrant de troubles mentaux ont été les premières victimes.Pour apprécier la surmortalité attribuable à la canicule, l'enquête a comparé les chiffres globaux de 32 065 décès survenus durant la première quinzaine d'août à ceux des trois dernières années, qui étaient en moyenne de 19 632. La différence obtenue (12 432) a été corrigée pour tenir compte des décès supplémentaires liés au vieillissement constant de la population.Jean-Louis Sanchez, délégué général de l'Observatoire de l'action sociale décentralisée (ODAS) a jugé important mardi de "relativiser" les chiffres de décès.Il a rappelé que chaque année, les maisons de retraite enregistraient « 170.000 morts par an " . "Vous avez dans les maisons de retraite 500.000 personnes, dont 400.000 dépendantes. Leurs espérances de vie varient entre deux et trois ans. Donc si oncompare les années 2002 et 2003, l'augmentation de la mortalité sera très limitée", selon M. Sanchez, pour qui il s'est agi, dans de nombreux cas, de "morts prématurées".
  • La canicule a sévi aussi en Europe

  • Au delà de l’Hexagone, seul le Portugal a connu un drame d'une dimension semblable. On y a comptabilisé 1.316 décès dus à la canicule de plus qu'en 2002, pour un pays qui compte 10 millions d'habitants, donc six fois moins peuplé que la France.Les personnes âgées ont été de loin les plus touchées: 763 avaient plus de 75 ans tandis que 233 avaient entre 64 et 74 ans.
  • En Espagne voisine, le ministère de la Santé a commandé une étude pour évaluer les effets de la chaleur sur la mortalité, qu'il a chiffrée pour le moment à 100 décès pour toute l'Espagne.De nouveaux décès, rapportés notamment par les services andalou, catalan et navarrais de santé, élève ce bilan à 107 morts.Parallèlement aux chiffres officiels, une Association de défense des patients (Adepa), spécialisée dans les poursuites judiciaires pour erreurs médicales, a évalué à 2.000 morts environ le bilan de la canicule. Une enquête de La Vanguardia, fondée sur les chiffres des pompes funèbres ou des registres civilsde grandes villes évalue le nombre de morts à "plusieurs centaines, probablement plus d'un millier".
  • En Grande-Bretagne, où le record historique de chaleur a été battu le 10août, le nombre de morts supplémentaires par rapport à la moyenne habituelle estde 907, soit beaucoup qu'en France et au Portugal.
  • En Allemagne, les pompes funèbres de plusieurs Etats régionaux n'observentpas d'"augmentation inhabituelle du taux de mortalité" sur cette période, tandisque quelques maisons de retraite ont signalé une trentaine de décès qui pourraient être liés à la canicule. D'autres sources font état de trois morts dans le nord et trois dans un hôpital de l'ouest."A moins que les retraités allemands ne supportent mieux la chaleur que les retraités français", ironise la Frankfurter Allgemeine Zeitung, la raison est à chercher dans l'efficacité de la prise en charge sanitaire des personnes âgées.
  • En Italie, il n'y a officiellement aucun chiffre sur les décès de personnesâgées imputables à la canicule. Le ministre de la Santé Girolamo Sirchia a répété qu'il faudrait attendre septembre avant d'avoir des statistiques.Mais, la presse parle d'un millier de morts, en additionnant des chiffres recueillis auprès des services d'urgence. Les décès de personnes âgées sont survenus pour l'essentiel dans trois grandes villes du nord, Turin, Milan et Gênes, et très peu dans le sud où les liens familiaux sont plus resserrés.
  • Il n'y a pas de données précises en Belgique, mais la canicule a été beaucoup moins sévère que dans les pays voisins et les autorités sanitaires n'ont relevé aucune vague particulière de décès.A Bruxelles, la vague de chaleur s'est seulement soldée par une augmentationd'environ 10% des admissions aux urgences des 14 hôpitaux de la ville.


  • mis à jour le

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