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Les associations de malades dénoncent les flux tendus

Lettre ouverte du GLAF : groupement de liaison des associations de familles de malades


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Les leçons de la canicule

A la suite de l’annonce officielle d’une surmortalité de 11.435 malades pendant la période caniculaire du 1er au 15 août 2003, monsieur Mattéi accorde un entretien à la Presse et nous invite «à un examen de conscience individuel et collectif».Nous répondons volontiers à cette invitation.Nous exprimons tout d’abord notre compassion envers les Familles éprouvées par ce drame d’autant plus qu’elles subissent une campagne tendant à les culpabiliser (non assistance en personne en danger, désintérêt pour inhumer les corps de leurs proches).En réalité la non assistance et le désintérêt sont ailleurs.Nous avons, en effet, observé et contesté la lente dégradation des soins apportés aux malades, conséquence des politiques de santé appliquées depuis une trentaine d’années.

  • 1970 : La Loi renforce la main mise de l’Etat sur les Hôpitaux en limitant les pouvoirs de leurs Conseils d’Administration.
  • 1983 : Mise en place du « Budget global » par le Ministre Bérégovoy pour restreindre la croissance des dépenses.
  • 1991 : Réforme Rocard-Evin qui donne aux Gouvernements les moyens d’accélérer la fermeture des lits, des services, voire des Hôpitaux.
  • 1996 : Ordonnances Juppé pour une « maîtrise comptable » des dépenses de santé
  • 2002 : Mise en application des 35 heures sans embauches compensatoires suffisantes.
  • 2003 : Gels des crédits destinés à la modernisation des Maisons de Retraite
  • Ces « réformes » ont entériné un numerus clausus sévère de médecins, la fermeture d’écoles d’infirmières, l’obligation de quotas à ne pas dépasser pour les infirmières libérales, de budget de santé insuffisant.On observe alors une pénurie chronique de personnels soignants, un service minimum permanent, des soignants travaillant à flux tendu toute l’année.On comprend ainsi pourquoi un afflux soudain de malades ne peut être convenablement traité.Nous, membres du G.L.A.F., n’avons cessé, par des pétitions, des lettres ouvertes aux pouvoirs publics et aux médias, de contester ces mesures, témoignant ainsi de notre volonté de mettre la Santé Publique au service des besoins des malades.Une nouvelle politique de Santé est donc indispensable.Nous sommes prêts à contribuer à son élaboration, aux côtés des responsables des organisations professionnelles de médecins, des soignants et des gestionnaires, dans la pleine égalité des pouvoirs, c’est à dire avec voix délibératives dans les commissions où nous serions appelés à siéger.Nous aurons ainsi la conscience d’être utiles à nos malades et à leurs familles

    Le GLAF

    Le G.L.A.F. :Groupement de liaison des associations de familles de malades en Unités de soins longue durée.Associations des Familles membres du GLAF :Hôtel-Dieu- La Collégiale ; Pitié-Salpêtrière ; Corentin Celton ; Sainte Perrine-Rossini ; Charles Foix-Jean Rostand ; Bicêtre ; René Muret-Bigottini ; Louis Mourier ; Vaugirard-Gabriel Pallez ; Lariboisière-Fernand Widal ; Paul Brousse ; Broca-la Rochefoucauld.Contacts :

  • Mr. Grimberg2, rue Chaplain 75006 ParisTel. 01 46 33 87 29
  • Mr. Saluard16, rue Albert Malet 75012 Paristel. 01 43 45 17 97


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