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Alzheimer et traitement

De l'intérêt d'une bithérapie ?


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Avec la mise sur le marché récemment du nouveau médicament Ebixa© dans le traitement de la maladie d'Alzheimer se pose la question de la bithérapie.Si la voie des inhibiteurs de la cholinestérase (médicaments anticholinestérasiques) est déjà connue depuis plusieurs années dans le traitement symptomatiquede la maladie, le nouvel axe glutamatergique vient aussi de faire ses preuves.Prescrits dès les premiers signes de la maladie, les médicaments anticholinergiques comme le Reminyl©, l'Aricept©, l'Exelon© ont montré une réelle amélioration dans tous les troubles psycho-comportementaux. Ils permettent surtout aux patients de garder une "surface sociale" et retardent de près de deux ans la mise en institution.Avec la mémantine (Ebixa©), développée par le laboratoire Lundbeck, s'ouvre une nouvelle voie thérapeutique. Premier antagoniste des récepteurs NMDA (N-méthyl-D-aspartate), la mémantine agit au niveau cérébral sur la voie glutamatergique. Le glutamate est impliqué dans les processus physiologiques indispensables pour l'acquisition de la mémoire, de l'apprentissage et du comportement. Le rôledélétère de l'excès de glutamate a été spécifiquement démontré dans la maladied'Alzheimer. La mémantine a été ainsi reconnue comme traitement de première intention dans les formes modérément sévères à sévères de la maladie (MMS entre 14 et 3), alors que les anticholinestérasiques sont prescrits dans les formes légères à modérément sévères (MMS entre 26 et 10).On pourrait s'interroger sur l'utilité dans les formes modérément sévères d'utiliser en synergie thérapeutique les deux classes de médicaments correspondant aux deux voies d'action dans le cadre d'une bithérapie, tel que cela se fait dans le traitement du cancer ou du sida. Est-ce que le fait d'utiliser deux médicaments d'action différente améliorerait doublement ou significativement l'état des patients ? C'est la question que beaucoup se posent, mais la réponse n'est pas encore connue à ce jour car aucune étude médicale n'a pour l'instant été menée.Si la bithérapie n'est officiellement pas interdite, elle fait l'objet d'une grande frilosité de la part des états de santé qui estiment que cela entraînerait des coûts de santé trop importants.A noter, le coût d'un traitement par un médicament anti-Alzheimer se situe entre 3 et 4 euros par jour.Cette frilosité des pouvoirs publics prenant en considération une légitimité économique nous pose encore le problème de considération de cette catégorie de population atteinte de la maladie d'Alzheimer, les personnes âgées.

Quelques chiffres en rappel

L'estimation de la prévalence de la maladie d'Alzheimer est de 607 876 sujets atteints en 2003.L'incidence de la maladie est de 135 000 nouveaux cas par an, comparativement, on compte 34 000 nouveaux cas par an pour le cancer du sein et 22 000 pour le cancer des poumons.Rappelons que 40 % des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer sont placées en institution, et que 22 % sont traitées (18 % en maison de retraite, 4 % en foyer-logement).72 % des demandes d'APA (aide personnalisée à l'autonomie) concernent les personnes atteintes de maladies neurodégénératives dont 55 % la maladie d'Alzheimer.



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