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Auto-Interview imaginaire accordée au "Parisien"

Gériatres-Urgentistes : même combat !


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PAR LE Dr VETEL, PRESIDENTDU SYNDICAT NATIONAL DE GERONTOLOGIE CLINIQUENotre collègue le Dr Patrick PELLOUX a une nouvelle fois les honneurs dela presse où il dénonce violemment l’immobilisme des autorités à propos des urgences depuis la canicule. Il a parfaitement raison.Si les urgences intéressent, c’est que leur situation stratégique les place enpremière ligne dans les hôpitaux dont elles sont la vitrine. La télévision l’abien compris : ce qui se passe aux urgences passionne à l’année le public et on en fait même des séries télévisuelles.La gériatrie, elle est beaucoup moins « vendeuse », quand nous adressons des dépêches aux journaux elles ne « passent » que si elle apportent du sensationnel…. Seules les catastrophes payent et encore une seule fois, les personnes âgéesça lasse!Le Directeur d’une excellente maison de retraite à REIMS attaqué par une famille pour défaut de soin pendant la canicule a fait renaître quelques jours l’intérêt dans la presse pour la prise en charge des personnes âgées… à oui c’est vrai la canicule on avait oublié….Alors, faute d’article dénonçant l’immobilité des décideurs face à la problématique gériatrique nationale, voici donc la « vraie-fausse interview » des gériatres qui aurait pu et dû paraître dans le PARISIEN de ce jour…. Vous verrez qu’elle est très très proche de celle de notre excellent collègue le Dr PELLOUX.

Il n'a pas changé. Même air juvénile malgré ses 57 ans(!), même débit intarissable et mêmes emportements dès qu'il parle de son métier. Après avoir alerté l'opinion sur la tragédie de la canicule et dénoncé « l'absence de réaction des autorités », le Dr Jean-Marie VETEL, Président du Syndicat National de Gérontologie Clinique est toujours « en colère ». Plutôt de sensibilité de gauche, nouvelle coqueluche des médias (hélas ou heureusement non !), il est sans doute encore plus écouté qu'avant (si c’était vrai !). Pourtant, il affirme n'avoir hérité d'« aucun statut supplémentaire », et continue ses visites comme avant au chevet des patients de l'hôpitalQu'est-ce qui a changé ? Dr VETEL : rien !Malgré les promesses, la gériatrie hospitalière et les maisons de retraite restent la dernière roue du carrosse sanitaire et médico social. Cet été, on a connu un tremblement de terre, mais le raz de marée des moyens n'est pas encore arrivé. Tout le système est par terre et les autorités se persuadent du contraire. Aucun moyen supplémentaire n'est dégagé, comme si la canicule n'avait jamais existé. Le plan du ministre de la Santé, c'est de la poudre aux yeux !40 millions d'euros non reconductibles, un minimum pour payer ne serai-ce que les heures supplémentaires du personnel et les embauches « d’intermittents » pendant la canicule , quelques rares établissements ont pour le moment vu la couleur de cet argent. Quand on pense que les poulets morts ont eu 150 millions d’euros, les buralistes 150 millions d’euros, nous les gériatres étions persuadés que grâce à cette manne les soignants et les personnels de service allaient pouvoir prendre tous les ans comme les autres leur RTT. Détrompez vous, détrompez les !.Et puis maintenant le plus important c’est l’augmentation d’urgence des personnels auprés des personnes agées à l’hopital comme en ville, comment sera-ce financé ? alors On déshabillera Pierre pour habiller Paul. Un vrai tour de passe-passe à qui va-t-on piquer de l'argent pour le fameux plan « solidarité –vieillissement » qu’on attend depuis un mois alors qu’il était promis par Raffarin pour le premier Octobre ?.. Cela fait vingt ans que j'entends cette musique : faites des économies ! Au Mans. on manque de matelas à air pour prévenir les escarres et il n'y a même plus assez de personnel pour lever les malades le Dimanche, leur donner plus d’une douche par mois.

Nous attendons toujours...

« Les "décideurs" dans les bureaux ne comprennent toujours pas que la gériatrie va exploser » Pourtant, vous avez été reçu par le Premier ministre et des conseillers ministériels... Il y a deux planètes : d'un côté, ceux qui agissent sur le terrain ; de l'autre, les « décideurs » dans les bureaux, qui ne comprennent toujours pas que la prise en charge des personnes âgées va exploserLa direction générale de la Santé est d'ailleurs toujours aux abonnés absents. Chez les politiques, c'est pareil, certains ont compris que la canicule avait été un vrai drame. J'ai découvert chez des gaullistes comme Jean-Louis Debré, président de l'Assemblé nationale, une vraie prise de conscience. Comme moi, il a été horrifié par ce discours technocratique qui consiste à accepter la mort de milliers de vieux comme une chose naturelle. L'hôpital est un facteur énorme de cohésion sociale, l'un des derniers garants de l'humanisme de notre société. Quand le chaos est total, comme à Bagdad au moment de la guerre, il n'y a qu'un seul endroit où l'on continue à bosser vaille que vaille : les services de gériatrie et les maisons de retraite ;Que demandez-vous au ministre de la Santé ? J'ai beaucoup de respect pour Jean-François Mattei mais il devrait se balader incognito dans les services de gériatrie et les maisons de retraite pour voir notre quotidien. Je dis à Mattei, envoyez-nous les médecins, infirmiers et aides-soignants qui manquent cruellement. Le président a dit qu'il fallait donner des moyens supplémentaires aux personnes agées. Nous attendons toujours...



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