Agevillage

Même à un âge avancé

Les prothèses rééduquent l'ouïe


Partager :

Porter un appareil auditif lorsqu'on est malentendant peut avoir des effets bénéfiques sur l'audition une fois la prothèse retirée, ainsi que sur la mémoire et l'état psychologique, selon desétudes qui montrent également les capacités de réorganisation du cerveau.

"Un malentendant doit être appareillé" , si possible précocement et pour les deux oreilles si nécessaire, a souligné vendredi Lionel Collet à l'issue des travaux du groupement de recherche "Prothèses auditives : fonctions psychologiques et psychosociologiques" qui a associé pendant trois ans chercheurs et industriels du secteur.Environ 5 millions de Français souffrent d'une déficience auditive, dont 100 000 d'une surdité complète, selon l'enquête Handicaps-Incapacités-Dépendances effectuée en 1998-99 par l'INSEE. Mais moins d'un million portent une prothèse auditive, selon Lionel Collet. Parmi les malentendants, 2,5 millions ont plus de 65 ans, selon la Fondation pour la recherche médicale.Lorsque des personnes perdent des capacités auditives, leur cerveau "se réorganise" pour compenser ce handicap, explique le professeur Collet qui dirige le Laboratoire neurosciences et systèmes sensoriels (CNRS/université de Lyon). Quand certaines fréquences sonores élevées (plus de 2000 Hz - voix, musique assez aiguë) ne sont plus perceptibles, le malentendant tend à renforcer sa perception sur les dernières fréquences hautes qu'il saisit encore, selon le Pr Collet."Une implication sur réglage des prothèses" :Le port d'un appareil auditif pendant un mois permet d'inverser ce processus et de "normaliser la discrimination des fréquences", ce qui montre qu'une réorganisation neuronale peut intervenir même à plus de 80 ans, a-t-il précisé. Une "normalisation" permettant de mieux distinguer les intensités sonores (bruits mesurés en décibels) intervient au bout de trois mois de port d'un appareil. Ces réorganisations ont été constatées lors de tests effectués sans prothèses auditives, a souligné le Pr Collet.Le cerveau ferait ainsi preuve d'une grande capacité d'adaptation. Le malentendant ne retrouve pas pour autant une audition parfaite, sans prothèse.Le retour à la "normalité" se traduit par une meilleure capacité à comprendre la parole dans un environnement bruyant. Il est plus rapide "si la dégradation a duré moins longtemps" d'où l'intérêt d'un appareillage dès que les capacités auditives baissent, selon le Pr Collet.Pour les constructeurs, ces travaux ont, "une implication sur le réglage des prothèses" : il s'agit d'élargir autant que possible la palette des fréquences audibles pour favoriser la fameuse réorganisation neuronale, baptisée "plasticité" cérébrale.D'après des études effectuées dans d'autres laboratoires du CNRS, les prothèses auditives influent aussi positivement sur certains aspects de la mémoire, l'humeur et la sensibilité émotionnelle.Selon Olivier Koenig de Lyon (Laboratoire d'étude des mécanismes cognitifs), continuer de mémoriser des paroles entendues grâce au port de prothèses auditives pour les malentendants, permet aussi "de conserver une meilleure mémoire de choses vues ou lues".

  • Pour en savoir plus : consulter notre dossier complet sur l'audition


  • mis à jour le

    Partager :


    Vos réactions

    Il n'y a encore aucune réaction à cet article.



    Réagir à cet article :

    * ne sera pas affiché


    HAUT DE PAGE

    © Eternis SA -