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Conséquences de la canicule à Paris

Remise du rapport de mission d'information et d'évaluation au Conseil de Paris.


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Dès la séance de rentrée du Conseil de Paris, le 22 septembre, lemaire de Paris en rendant compte d’un premier bilan de la surmortalité survenue en août dans la capitale avait annoncé la création d’une mission d’information et d’évaluation sur les conséquences de la canicule à ParisCette mission pluraliste, dans laquelle sous la Présidence de Gisèle Stievenard, Adjointe au maire, chargée de la solidarité et des affaires sociales, tous les groupes politiques ont été représentés, remet le résultat de ses travaux au Conseil de Paris de ce lundi 24 novembre.Le rapport comprend 34 recommandations « issues des échanges fructueux qui ont jalonnés nos travaux » précise la Présidente.

DEUX MOIS DEUX TRAVAUX ARTICULES AUTOUR DE 3 OBJECTIFS :

  • mieux comprendre le phénomène de la canicule et ses effets
  • analyser l’intervention des pouvoirs publics dans la gestion de la crise
  • proposer des pistes d’actions pour mieux prévenir et mieux gérer ce type de crise à l’avenir
  • Une soixantaine d’audition réalisées auprès de représentants d’institutions et d’associations mobilisées lors de la crise ont été synthétisées par l’inspection générale de la Ville. La mission a également utilisés les rapports de effectués dès la fin de l’été l’INVS et l’INSERM.DEUX CONSTATS MAJEURS
  • Une surmortalité très forte et d’autant plus conséquente que la tranche d’âge est élevée dans les régions centre, en Ile de France et particulièrement à Paris qui s’explique apparemment par :-les caractéristiques propres à cet épisode caniculaire : plus de cinq jours consécutifs de grande chaleur avec des températures minimales très élevées dans les nuits des 11 et 12 aout.(25,5° soit un record absolu).-des facteurs aggravants tels que : « îlot de chaleur urbain », records de pollution à l’ozone et au dioxyde d’azote avec un seuil de qualité de l’air dépassé sans discontinuité pendant plus de 40 heures, l’absorption de certains médicaments notamment diurétiques et anxiolitiques pouvant avoir une incidence sur l’hyperthermie.De nombreuses incertitudes demeurent qui ne seront levées qu’après analyses épidémiologiques et techniques approfondies dont sont actuellement en charge l’INSERM et l’INVS, soit au niveau national soit au niveau de la ville de Paris : causes médicales des décès, répercussion en termes de décès en fin d’année 2003, rétrospective selon les variations météorologiques depuis les années 80, caractères de vulnérabilité des personnes, risques encourrus en établissement et à domicile ..
  • la mise en évidence de problèmes de fond tant au plan local que national :-l’absence de dispositif de prévention d’alerte et d’un plan d’action préexistantMalgré l’exceptionnelle mobilisation des « acteurs-terrains » (partenaires associatifs, personnels de l’APHP et des maisons de retraites, pompiers, policiers, personnels municipaux, ces manquement expliquent l’ampleur de la crise sanitaire doublée d’une crise funéraire. Il semble que l’on n’ait pas tiré d’enseignement de la canicle de 1976 qui aurait fait 6000 morts en France.-des insuffisances structurelles des dispositifs d’ensemble de prise en charge des personnes âgées : manque de personnels, absence de protocoles tant au niveau des établisssements d’accueil que des acteurs du soutien à domicile. Ces derniers souffrant également d’une insuffisance de personnels d’encadrement.Au sein de l’hôpital, saturation des urgences, manque de dispositifs d’accueil et de soins spécifiques aux personnes âgées. Sur un plan plus général, un fort isolement de certaines personnes âgées sans dispositif performant de repérage.Enfin, la crise a révélé la faiblesse du cadre d’action actuel pour lutter contre la pollution, en période de pic de chaleur.
  • TRENTE QUATRE RECOMMANDATIONS…

  • Sur sept lignes d’actionsDe nombreux enseignements ont pu être tirés de la crise de l’été dernier ; pour faire face à un nouvel épisode caniculaire ou une crise d’autre nature, ces constats permettent de dégager les pistes suivantes :- Veille, alerte et gestion de crise- Actions à conduire dans les établissements pour personnes âgées et les logements- Actions de prévention sanitaire (en lien avec la DDASS et la CPAM)- Etudes et enquêtes- Lutte contre l’isolement et réseaux de solidarité- Funéraire
  • et de premiers financements de mesures en faveur des personnes âgées.Hors créations d’emplois, plus de 26 Millions d’euros sont dégagés pour mieux prévenir et mieux gérer ce type de crise à l’avenir :- Mesures de prévention générale : développement de la télé-alarme ; renforcement des points Paris Emeraude qui devraient se transformer en CLIC ; campagne d’information et de formation ;- Amélioration de la prise en charge des personnes âgées : modernisation des établissements*, diversification des offres (accueil de jour et hébergement temporaire) ; renforcement des effectifs et mise à disposition des résidences de la Ville de mini-bus pour favoriser les sorties et déplacements des personnes dépendantes.
  • *Lire le rapport



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