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Conséquences de la canicule

L'ancien directeur général de la Santé plaide pour une climatisation généralisée en France


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L'ancien directeur général de la Santé, Lucien Abenhaïm, qui déposait sous serment mardi 25 novembre, devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la canicule et ses conséquences, a plaidé pour une"climatisation généralisée" du pays.

"C'est la seule solution, comme le chauffage en hiver. Si les hôpitaux oùsont morts 2 500 personnes cet été, avaient été climatisés, il n'y aurait eu quequarante décès et si les maisons de retraite, où 5 000 personnes âgées ont perdula vie, l'avaient été, il n'y aurait eu que cent morts" a déclaré mardi 25 novembre, l'ancien directeur général de la Santé, Lucien Abenhaïm, qui déposait sous serment devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la canicule et ses conséquences.M. Abenhaïm, qui est longuement revenu sur la chronologie de la crise, a estimé que le caractère épidémique de l'événement n'avait été perçu par aucun service avant le 13 août. La première alerte de Météo-France sur les dangers de la chaleur excessive frappant le pays est datée du 7 août."Le 7 août, la canicule avait déjà fait 2000 morts mais personne ne s'en rendait compte. Nous travaillions sur la base de dix décès", a indiqué l'ancien directeur de la Santé. "Le modèle sur lequel nous travaillions n'était pas le bon. Notre seuil d'alerte n'était pas le bon. Il était fixé à 40 degrés, c'était trop" a-t-il précisé.Indiquant que l'épidémie a touché une population particulièrement vulnérable, six à sept millions de personnes âgées ou malades chroniques à risque, Lucien Abenhaïm a souligné que les services de santé publique français étaient particulièrement démunis. "Quarante ans après la fondation des centres de contrôle des maladies américains (CDC), nous n'avons toujours pas de réseau national de santé publique et au moment de la crise, il y avait seulement cinquante médecins inspecteurs sur le terrain" a-t-il regretté."Dans un pays qui consacre aussi peu de moyens à la santé publique, il ne faut pas s'étonner que de telles catastrophes surviennent", a-t-il ajouté. Interrogé sur "les coups de gueule" lancés par certains médecins urgentistes, l'ancien directeur général de la Santé a estimé que "l'épidémie a été prise pour un engorgement des services d'urgence dû à une fermeture de lits hospitaliers, pour un coup de bourre ponctuel".Auparavant, très nerveux, consultant sa pile de documents, le ministre de la Santé, Jean-François Mattei, a rejoint son ex-DGS pour estimer que "si une alerte significative avait eu lieu, tout aurait fonctionné". Tout en rendant hommage à Lucien Abenhaïm, un grand professionnel qui a bien dirigé la DGS, le ministre n'a pas manqué de distiller des attaques contre lui tout au long de son audition.Interrogé par un député membre de la commission d'enquête, le ministre a refusé de "faire repentance": "Pour se repentir, il faut avoir le sentiment d'avoir commis une faute, ce n'est pas mon cas", a-t-il dit.



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