Le président de l'association des médecins urgentistes hospitaliers (Amuhf), Patrick Pelloux, qui déposait sous serment mardi 2 décembre devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la canicule, a estimé qu'"une crise sanitaire comme cet été" pouvait à nouveau se produire.
Une crise comme celle qui a tué près de 15 000 personnes âgées au cours de l’été 2003 peut-elle encore se produire ? Lors de son audition, mardi 2 décembre, par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la canicule, M. Pelloux a clairement exprimé ses craintes à ce sujet. Il s'est par ailleurs montré très critique quant à la gestion de la crise par la direction générale de la santé (DGS) et son directeur, démissionnaire depuis, le Pr Lucien Abenhaïm. "A l'heure actuelle, il est évident que si la situation dans les hôpitaux s'était améliorée, probablement que la responsabilité du ministre ne l'aurait pas poussé à déclencher des plans d'alerte dans les hôpitaux" en raison des épidémies de grippe, de bronchiolite et de gastro-entérite, a souligné M. Pelloux."Les mesures et le plan urgence qui ont été pris donneront des effets dans quelques années, plusieurs dizaines de mois, pas avant, ce qui fait qu'à l'heure actuelle, s'il n'y a pas un changement radical de la conception, de l'organisation de l'administration, je crains pour plus tard", a-t-il affirmé, ajoutant: "très brusquement, une crise sanitaire comme celle qui a eu lieu cet été peut se produire".A propos de M. Abenhaïm, M. Pelloux a déclaré qu'il aurait souhaité le voir "aussi lyrique que dans son ouvrage" (récemment publié par M. Abenhaïm pour donner son explication de la crise, ndlr) au moment de la réunion interministérielle du 14 août. A cet occasion, selon M. Pelloux, M. Abenhaïm s'est "contenté de dire qu'il fallait une évaluation de la situation".M. Pelloux, qui affirme avoir milité pour "déclencher et généraliser le plan blanc (déclenché le 13 août au soir en Ile-de-France) partout où il le fallait", regrette qu'il n'ait pas été déclenché plus tôt. "Pour vous dire l'importance de ce plan, c'est que d'un coup, nous avons pu ouvrir des lits (...). Nous avons pu hospitaliser les malades, et ventiler l'ensemble des malades qui étaient là", a-t-il ajouté.Un déclenchement plus précoce du plan blanc, "aurait-t-il diminué la mortalité? Je ne sais pas, cela aurait humanisé les choses et l'on n'avait pas le droit de se taire quand on voyait mourir les gens sur des brancards", a dit encore M. Pelloux.
AdV
mis à jour le 07/12/2003
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