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La vision d'un sociologue sur la vieillesse

Interview de François de Singly au colloque d'évaluation et de prévention en gérontologie


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Le CIPPEG, colloque interdisciplinaire pluriprofessionnel d'évaluation et de prévention en gérontologie, organisé au Corum de Montpellier la semaine dernière, au cours des conférences grand public, s'est enrichi dela vision décalée de la vieillesse de François de Singly.Professeur de sociologie à la Sorbonne, directeur d'un centre de recherches sur les liens sociaux au CNRS, François de Singly est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la famille (le dernier est paru en novembre : "Les uns avec les autres"Edition Armand Colin).

Interrogation sur la place des aînés dans la société

Interviewé par Le Midi Libre, François de Singly explique « il faut apprendre à vivre encore plus au présent. Arrêtons de limiter les personnes âgées à un passé qu'ils pourraient nous transmettre.» « Les grands-parents modernes, c'est le paradoxe, préparent des surgelés, emmènent leurs petits-enfants voir un Walt Dysney, regardent avec eux un programme inter-générationnel comme Star Académy, font lire Harry Potter avant la Comtesse de Ségur..., parce qu'ils acceptent que les jeunes aient des goûts qui leur sont inconnus. »« On a profité du drame de cet été pour opérer une grande mainmise sur nos consciences. On a rejeté la responsabilité sur les familles, alors que les deux tiers des personnes âgées sont mortes en maison de retraite. » Et de nous rappeler la grande influence des médias sur le lien familial éclaté avec la cinquantaine de défunts non réclamés à Paris, un pourcentage négligeable comparé aux 15 000 morts, comme le souligne le sociologue.François de Singly poursuit :« On vit dans une société où les liens sont toujours présents, avec des individus autonomes, chacun dans son monde. Les personnes âgées elles-mêmes ne veulent plus du vieux modèles. Aller vieillir chez sa fille, ça ne marche plus. »

Vivre au présent

« La personne qui entre en maison de retraite aujourd'hui est un peu comme un condamné à perpétuité. Elle sait qu'elle n'en sortira pas. Il faut pouvoir continuer à se raconter une histoire, savoir pourquoi on se lève le matin. Quelle histoire les personnes âgées, comme les chômeurs, peuvent-ils se raconter le matin ? Le temps principal n'est pas le passé. Ça ne les reconstruit pas, pas plus que d'évoquer l'avenir, d'ailleurs : ils savent qu'ils n'en ont pas. C'est toute l'approche de la prévention, indispensable pour qu'une personne vive bien, qui est en jeu.



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Vos réactions

kikiya

20/04/2010 17:04

blog sur personnes agées


je viens juste de créeer un blog que j'ai dédié à nos personnes agées ici sur le Maroc, je vous prie de le consulter et de me conseillez.voici l URL du blog http://nnonjenesuispasdansloubli.blogspot.com




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