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Réforme de l'assurance maladie

Les propositions de Daniel Bouton, PDG de la Société Générale, provoquent une vive hostilité à gauche


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« Treize propositions pour la réforme del’assurance maladie » : c’est le titre de l’article publié le 26 décembre 2003 dans le Monde par le PDG de la Société Générale, Daniel Bouton au nom du Medef.

Concernant la réforme de l'assurance maladie, la principale idée de Daniel Bouton, PDG de la Société générale, proche d'Alain Juppé et qui préside au sein du Medef le Groupe de proposition et d'action sur la croissance, la commission économique de l'organisation patronale, est de lutter contre la "multiconsommation médicale" et de faire assumer une part plus importantes des dépenses aux assurés sociaux, notamment âgés.Parmi les suggestions qui ont suscité de nombreuses réactions, quel que soit le bord politique :- la fin du monopole de gestion confié à la Sécurité Sociale,- une nouvelle répartition des rôles entre le gouvernement et les caisses d'assurance-maladie, le premier définissant "la politique de santé, donc de l'offre et des volumes", les secondes fixant les prix "par la négociation avec les professions concernées",- la récupération sur les successions des dépenses maladie des dernières années de la vie,- le non-remboursement des dépenses pour les soins d'accidents liés à la pratique sportive,- le contrôle d'identité couplé à l’utilisation de la carte vitale,- les arrêts de travail longs ou arrêts de travail prolongement confiés exclusivement aux médecins salariés de la Sécurité sociale,- les actes médicaux de la vie courante à faire exécuter par des personnels non-médecins…

REACTIONS

  • La CGT conteste samedi au nom de la solidarité nationale et de la lutte contre les inégalités les propositions du président de la Société générale, Daniel Bouton, pour réformer l'assurance-maladie."Sa treizième proposition est la clé de voûte de sa réflexion: introduire à toute force la concurrence dans la Sécurité sociale",estime Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT, responsable du secteur économie, dans une interview à Libération. "C'est la pensée constante du Medef qui ne cherche qu'une chose: en finir avec le pacte de 1945, lorsqu'on avait décidé d'exclurela santé des règles du marché", ajoute-t-il.Le responsable cégétiste dénonce notamment la proposition Bouton qui consisterait à demander aux retraités de contribuer davantage aux dépenses de santé. « La réalité de demain, avec la réforme des retraites qui se met en place, c'est qu'il y aura davantage de retraités pauvres", dit-il. "Un sur deux, je le rappelle, sera réduit au minimum contributif. Je ne vois pas, dans ce cadre, ce que l'on pourra leur demander de plus."
  • Force ouvrière et le Parti socialiste ont les premiers contesté ces propositions, qui suscite également des réactions critiques ausein de la majorité.FO s'est élevé contre l'idée d'une mise en concurrence et a jugé qu'il serait "particulièrement grave d'accroître" la cotisation en fonction de l'âge.Le délégué national du PS à la santé, Claude Pigement, a parlé d'une "logique de démantèlement".
  • Alain Madelin, chargé de faire la synthèse des réflexions de l'UMP sur l'assurance-maladie en tant que président du "Forum des débats" du parti chiraquien, a jugé dans Le Monde les propositions Bouton "sans intérêt"."M. Bouton passe à côté de l'essentiel", estime le chef de file des libéraux de l'UMP, en souhaitant une "réforme de fond". Il voit dans les propositions Bouton un moyen de "rationner les soins et de contrôler davantage les assurés dans l'espoir de faire des économies".
  • La CFR (retraités) : « propositions discriminatoires » La Confédération française des retraités (CFR) a "protesté énergiquement" vendredi contre les propositions de réforme de l'assurance maladie de Daniel Bouton, qu'elle juge "discriminatoires et contradictoires".Dans un communiqué intitulé "Inacceptable, Monsieur Bouton !", la CFR, qui compte deux millions d'adhérents, "proteste énergiquement contre cette surprenante provocation". Elle dénonce notamment la proposition de "limitation du nombre et du coût des médicaments par chaque ordonnance", d'"augmentation du taux de la CSG en fonction de l'âge" et de "récupération sur les successions par la Sécurité sociale des dépenses médicales des dernières années de la vie".



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