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Commission d'enquête parlementaire sur la canicule

« Clairement une catastrophe sanitaire » affirment des chercheurs


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Les quelque 15.000 décès attribués à la canicule "auraient pu tous être évités si on s'était organisé mieux", a déclaré mercredi 21 janvier devant lacommission d'enquête parlementaire sur la canicule, Denis Hémon, co-auteur, avec Eric Jougla, du rapport Inserm sur la mortalité supplémentaire en août. Les ministres François Fillon (Affaires sociales) et Hubert Falco (personnes âgéesseront entendus mercredi 28 janvier par la commission d'enquête sur lesconséquences sanitaires et sociales de la canicule, a annoncé jeudi 22 janvier, la commission dans un communiqué. Cette audition sera ouverte à la presse. )

"Les personnes mortes en août ne seraient probablement pas mortes en septembre s'il n'y avait pas eu la canicule", a expliqué, mercredi 21 janvier, Denis Hemon (directeur de l'unité 170 d'épidémiologie environnementale et sanitaire de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) devant la commission d'enquête parlementaire sur la canicule. En effet, aucune sous-mortalité n'a été relevée en septembre, ce qui signifie, a-t-il précisé, que les décès supplémentaires enregistrés en août n'ont pas été avancés que de quelques semaines.Les "éléments complets" dont les deux épidémiologistes disposent pour septembre, attestent d'une mortalité "normale" dans le mois suivant la canicule. Quant au nombre total de décès en France en 2003, permettant d'observer un éventuel effet de la canicule jusqu'en décembre, il ne sera connu que "fin mars, début avril", ont indiqué les deux chercheurs, précisant qu'il fallait un délai de "deux mois et demi pour être sûrs" des chiffres obtenus.Selon Denis Hémon, "c'est clairement une catastrophe sanitaire", et non une catastrophe naturelle, qui a frappé la France cet été, "même si elle avait une origine météorologique", car il y avait des connaissances "éparses" à l'étranger sur les vagues de chaleur et leurs effets sur la santé. Egalement entendu par la commission d'enquête, Denis Zmirou, directeur scientifique de l'Agence française de sécurité sanitaire et environnementale (AFSSE), a souligné le "caractère brutal de cet épisode climatique". "Si l'événement est d'origine naturelle, les conséquences sont sans doute pour une bonne part d'origine humaine", a ajouté ce professeur en santé publique, regrettant que la France soit "un pays, qui ne sait progresser qu'à l'occasion de crises dramatiques".La directrice de l'AFSSE, Michèle Fromet-Vedrine, a précisé que cette "très jeune agence dotée de faibles moyens n'avait pas de fonction d'alerte immédiate" et qu'elle n'avait pas reçu "entre fin juillet et le 14 août de messages alarmants l'orientant vers des travaux spécifiques".



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