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Programme Bien vieillir - Point d'Etape

Activité physique et nutrition


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Un an après le lancement du programme « Bien-Vieillir » le secrétariat d’Etat aux personnes agées, en partenariatavec le ministère des Sports, a organisé, ce jeudi 5 février à l’Assemblée Nationale un séminaire d’étape qui rassemblait les acteurs notamment des 17 villesfrançaises, sites pilotes de l’opération. Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux personnes âgées et Jean-François Lamour, Ministre des sports ont rappelé, en ouverture, les enjeux et objectifs du programme :Une première partie de matinée a permis d’aborder « Le vieillir » tels que lesécrivains l’ont pensé et écrit et le « Bien-vieillir » tel que le conçoit le programme.Trois tables rondes traitaient ensuite des différents aspects :-la pratique de l’activité physique et sportive : les exigences de l’âge-l’activité physique pour prévenir les chutes-l’alimentation et l’activité physique, déterminants de la qualité de vie des plus de 50 ans

Activités physiques et sportives plébiscitées

De nombreux médecins, gériatres, chercheurs sont venus présentés les différentes études attestant qu'une activité physique adaptée à chaque personne était indispensable ne serait ce que pour éviter et prévenir un véritable fléau de santé publique : les chutes (13 000 décès chaque année, plus que les accidents de la route !).Idem pour la sarcopénie (fonte musculaire). Il est démontré qu’il est possible d’améliorer la force musculaire même à un âge très avancé, par un entraînement adapté, accompagné de professionnels formés. Ce sont ces compétences professionnelles, spécifiques et reconnues qui sont développées au Département des Sciences et techniques des activités physiques et sportives de l’Université Paris XII Val-de-Marne, tout comme à la Faculté du Sport Nancy 1, par ADAL Formation ou encore par le CREPS d’Houlgate. Ce centre régional d’éducation physique et sportive, site pilote de ce programme « Bien vieillir » est « tête de réseau national sur la thématique EPS et Santé.La règle d'or pour pratiquer une activité, celle des « 3 R » :

  • raisonnée : adaptée à l’état de santé et antécédents, basée sur la fréquence cardiaque
  • régulière : si possible 5 fois par semaine,
  • raisonnable : long échauffement, progressive dans la durée et l’intensité, retour au calme avant arrêt et étirement ensuite
  • De très nombreux tests et programmes personnalisés ont été présentés : qualité de la marche LOCOMETRIX, programme PEM "Posture Equilibre Motricité" à Montpellier, un grand programme sur le site des Arcanes à Troyes où un mur d'escalade a même était adapté.Ainsi dans de très nombreuses villes pilotes, les Ateliers Equilibre, lancés à Dijon, ont été repris.Ils permettent de :
  • réassurer la stabilisation posturale et prévenir la perte d’équilibre ;
  • diminuer l’impact psychologique de la chute en apprenant aux personnes de plus de 55 - 60 ans à se relever du sol ;
  • améliorer leur insertion sociale.
  • Si l'évaluation personnelle des bonnes activités est à développer, il semble que la pratique du Taï Chi et du Qi Cong soit fortement recommandée même (et surtout) à des âges avancés.En effet, l'activité physique et sportive ne doit pas être stoppée, et comme le recommande le Pr Saillant président du comité scientifique du Programme Bien Vieillir : l'activité physique et sportive devrait être prescrite par tous les praticiens.Une attente néanmoins : la reconnaissance, la formation et le statut des professionnels chargés de cette prévention et de ces actions.De ce fait, l’Association SIEL bleu qui intervient dans les maisons de retraite et à domicile permet à ses intervenants de suivre une formation spécifique sur deux ans aboutissant à un diplôme reconnu par l’Education nationale.

    Bien manger pour bien vieillir

    Gériatres, nutritionistes, médecins... se sont à nouveau mobilisé car selon Dr Monique Ferry du CH de Valence : "s'il est inéluctable de vieillir, il n'est pas inéluctable de bien vieillir."Le secret reste la combinaison d'une activité physique et sportive avec une alimentation variée, équilibrée et conséquente car les personnes âgées ont des besoins nutritionnels accrus avec l'âge, contrairement aux idées reçues.Quelques expériences :

  • A Royan, les boulangers se mobilisent pour diminuer de 20% le sel dans le pain sur 4 ans.
  • Dans la région parisienne, une entreprise "Saveurs et Vie" propose des menus livrés à domicile. Des diététiciennes prennent les commandes et les livreurs sont formés aux suivis des personnes
  • Le sens du Bien vieillir

    Le programme Bien vieillir invite toutes les personnes jeunes et moins jeunes à réflechir à son vieillissement pour acquérir, dès le plus jeune âge une hygiène de vie pouvant permettre de "bien vieillir".Montaigne disait "notre vie n'est que mouvement et vigilance".Cette prise de conscience est récente et les médecins s'ils s'en emparent, ne prescrivent pas encore des séances de gymnastique à la place des médicaments comme le souligne le Pr Saillant.Reste à s'emparer du sens du "bien vieillir", à creuser, ensemble, entre générations, sur le terrain de la vie locale... mais aussi sur le plan européen avec le lancement d'un comité européen de prévention avec l'universitaire Marie-Eve Joël et le Dr Jean-Pierre Aquinot.

    Le concept du « bien vieillir »

    Des exemples de réflexions et de démarches permettent de cerner ce concept, tel que le propose le programme national.

  • Joelle Kahalfa témoigne de l’approche du Centre /Local du Service Communal René Cassin /Institut de gérontologie sociale du Québec , à Montréal, établissement public dépendant du ministère de la santé qui cherche à mettre en œuvre des « services de pointe ».Le centre vise à attirer les baby boomers, génération qui s’annonce particulièrement exigeante, sur leurs propres besoins.
  • Clotilde Tascon Menettrier, adjointe au maire de Rennes, chargée de la Santé rapporte les projets en cours : d’une part, une enquête sociologique élaborée par des personnes de plus de 58 ans (100 questions) et ayant pour objectif, après son dépouillement au cours du printemps 2004, de mieux connaître les besoins et attentes des populations concernées ; d’autre part, l’identification, par des personnes âgées de 65 à 90 ans des éléments d’aménagement dans la ville, qui favorisent ou sont au contraire un frein à l’autonomie.
  • L’esthétique joue un rôle d’importance dans la perception du « bien vieillir ». « L’apparence que l’on souhaite donner et l’image de soi sont les éléments essentiels de la communication avec l’autre mais sont aussi constitutifs de sa propre identité » indique Guy Lefranc, Adjoint au maire d’Evreux, responsable de l’Action sociale, de la Santé publique et du Handicap.A partir du constat de carence établissant que les personnes dont l’image peut être altérée n’ont souvent pas les moyens de la restaurer, est née l’idée de la municipalité d’accompagner le développement de l’APECHE (Association pour une esthétique à caractère humanitaire, éducatif et social) notamment en lui ouvrant les portes des structures municipales. L’esthétique : un des moyens de renouer le lien brisé entre le sanitaire et le social ? Les personnes peuvent confier à l’esthéticienne des choses qu’elles n’osent pas dire aux médecins et sa présence diminue l’angoisse, la solitude, favorise le mieux être.Une formation unique en France et en Europe, ouverte au CHU de Tours, s’adresse au esthéticiennes expérimentées qui souhaitent agir auprès de personnes fragilisées.
  • Marie Louise Burgun, conseillère municipale de Lingolsheim et adjointe au maire, chargée de l’action gérontologique fait le point des actions entreprises dans le cadre de la démarche « Senior attitude » de la commune, site pilote. En termes de dispositif : un service municipal personnes âgées, un CLIC, un espace d’accueil et d’animation, un accueil de jour pour les malades d’Alzheimer. Sur le plan des activités sportives : cours de Qi gong, atelier équilibre et prévention des chutes… Sur le plan de la sensibilisation alimentaire : organisation avec une association d’une exposition et conférence sur le thème de l’ostéoporose et concertation avec les restaurateurs de la ville pour l’intégration dans leur carte d’un menu équilibré.
  • A Nice, enfin, Eliane Mari-Fontana, maire-adjoint déléguée à l’action sociale et vice-présidente du CCAS expose les actions développées et notamment pour ce qui concerne une information ancrée dans le quartier. Une sectorisation de la ville en quatre permet au seniors niçois de se rendre une fois par mois à une « causerie du mardi » au cours de laquelle ils peuvent débattre, dans un dialogue de proximité, avec des professionnels de questions qui les concernent. Cette initiative permet la rencontre avec les autres et facilite l’entretien du lien social ; des relations s’établissent et peuvent se développer.


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