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Chroniques de Florence Leduc, directrice générale adjointe de l'UNASSAD

Ça va mieux en le disant


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Florence Leduc est directrice générale adjointe de l'Unassad.Chronique du 6 février 2004

A deux reprises ces derniers temps, des organisateurs de colloques ou congrès se sont interrogés sur la façon d’améliorer la prise en charge des personnes âgées. A une époque où les places et les projets se succèdent, je me suis demandée pourquoi cette question lancinante se posait encore, alors même que nous avions l’impression que nous ne parlions que de cela et que nous n’agissions que pour cela.Répondre à cette question suppose-t-il d’imaginer encore de nouvelles lois, de nouveaux dispositifs ou d’autres plans ? Je me suis demandée pourquoi il fallait faire toujours du nouveau alors même que les outils à notre disposition ne sont pas utilisés, ou pas appliqués à bon escient.Quels instruments sont à notre disposition, pour répondre de façon simple et réaliste ? Et comment améliorer « la prise en charge des personnes âgées » ?

  • Procéder à un maillage du dispositif et du territoire Les dispositifs publics ont estimé qu’ils devaient intervenir de façon prioritaire auprès des personnes âgées présentant des « dépendances lourdes ». Les personnes ne se situant pas dans ces définitions seraient censées ne pas avoir besoin d’aide. Ainsi que nous l’avions déjà exprimé dans ces colonnes, les besoins d’aide légers sont aussi légitimes que les besoins d’aide lourds. Il y a urgence à reconsidérer, au travers des dispositifs existants, les moyens mis à disposition pour ces populations. En l’état actuel de la situation, les territoires sont inégalement couverts par des dispositifs publics en aide et en soins. A titre d’exemple, une recherche action réalisée en Ile de France a montré que seulement trois personnes sur dix trouvaient une réponse en soins.Améliorer la prise en charge des personnes âgées, c’est donc à l’évidence mailler le territoire en réponse globale en aide et en soins, en lieux d’accueil et en lieux de vie.
  • Concevoir une véritable politique médico socialeLa loi du 2 janvier 2002 vise à assurer une prise en compte et une prise en charge des populations fragilisées par l’âge, la maladie, la situation de handicap. Elle donne des droits à des usagers citoyens, mais aussi des obligations.Elle donne un statut à ceux qui sont missionnés pour répondre. Ils doivent être autorisés. Les personnels doivent être formés. Les modalités d’action et d’organisation doivent être qualifiées et aussi tarifées.Va-t-on continuer longtemps, au nom de principes mal compris, au nom de principes alibis, à faire fi des contraintes des personnes, de leurs besoins d’accompagnement, de l’information qui leur est due pour dire finalement que leur choix est libre ?Va-t-on osciller pendant longtemps entre les sirènes libérales du libre marché et les devoirs d’une société d’organiser des réponses dignes de ce nom ?
  • Procéder à une véritable évaluation individuelle des situationsLe Conseil Scientifique de l’Evaluation a rendu son rapport.Que va-t-on faire de ses propositions ? Il propose une approche, une manière de considérer les personnes dans leur vie, leur projet de vie, une manière d’envisager l’inscription dans ce projet de vie, une démarche visant à l’évaluation de leur situation. Il est temps de se servir des travaux commandés.Les personnes âgées se retrouvent-elles dans la guerre de légitimité, de l’évaluation ?Aucune cohérence n’existe dans les dispositifs APA, CLIC, SSIAD, régimes de retraite, SVA, services d’aide et de soins. Va-t-on longtemps gaspiller des énergies, des moyens, des compétences, au lieu de les reconnaître, de les labelliser, de les mutualiser, de les organiser, de les contrôler, pour que tout un chacun, quel que soit son lieu de vie puisse trouver la bonne équipe, au bon endroit ?
  • Mettre en œuvre des réformesSont-elles lourdes, sont-elles légères ces réformes ou réformettes qui visent uniquement et simplement (mais est-ce aussi simple) de penser globalement et collectivement la place et la réponse à des besoins de population. Ne faudrait-il pas réformer l’APA comme cela est prévu dans le corps même de la loi pour lui apporter les améliorations qu’elle nécessite et qu’elle mérite pour améliorer la prise en charge des gens ?Ne faut-il pas penser la loi d’orientation pour les personnes handicapées en décloisonnant les barrières de l’âge, les 20 ans, les 60 ans ? Ne faut-il pas mutualiser les réflexions et les moyens existants déjà des CLIC et des sites pour la vie autonome ? Ne faut-il pas inclure dans ces dispositifs ceux qui ne correspondent à aucune définition administrative, mais qui pour autant, du fait de la maladie chronique, ont besoin d’aide. Notre société a fait beaucoup de chemin mais celui qui reste à parcourir est immense. Il y a des possibilités, il y a des existants, il y a aussi des opportunités. Mais que voulons nous collectivement pour améliorer la prise en compte et la prise en charge des gens ?


  • mis à jour le

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