Le 27 mars 2004, la Fondation Caisse d’Epargne organisait un forum : « quelles solidarités pour les nouvelles frontières du vieillissement ? »Beaux échanges, belles réflexions, le temps de s’écouter, de s’enrichir, sont ce les vertus d’un samedi matin ?Une table ronde animée par Maurice Bonnet devait réfléchir sur le thème : prévoir les besoins, anticiper les services, et plus particulièrement, en ce qui meconcernait, l’adaptation des services à domicile.Mais qu’est ce donc anticiper ?Prendre avant, disent les définitions, prendre les mesures, devancer un temps fixé (cela eut été opportun dans le passé caniculaire, mais c’est du passé !) ou imaginer à l’avance.Cela commence à se préciser en effet ; mais il va falloir beaucoup d’imagination pour entrevoir la possibilité pour les acteurs et décideurs d’imaginer d’une part, et de prévoir d’autre part, des actions préventives (celles qui préviennent ce qui va arriver ?)Car, en réalité, le temps court après les réponses, celles qui ne viennent qu’après, dans le meilleur des cas, quand il n’est pas trop tard, pour couvrir desbesoins avérés…dans le passé.Comment pourrait-on être devin, imaginer pour le futur des pistes du possible, et penser, se projeter dans ces champs du possible pour devancer, se préparer, penser (pas panser !) demain et après demain, avec claire voyance, avec souplesse…Car demain sera ce qu’il sera, mais au bout du compte, ne serait il pas différent de ce qu’il pourrait être si l’on prenait les devants, si l’on se projetaitdans le temps, celui qui prend du temps (cf. chronique de décembre 2003).Comment agir sur l’inéluctable pour qu’il ne le soit pas…inéluctable ;Comment prévenir les catastrophes, pour qu’elles ne le soient pas…catastrophiques ;Comment penser collectivement… une place et une réponse pour tous et pour chacun (pour tous d’abord, pour chacun après, car il faut de la place pour tout le monde !)
Vouloir quoi ? vouloir éviter ou vouloir réparer ?(mettre les moyens pour prévenir les situations de maltraitance ou mettre les moyens pour gérer les dégâts ?).S’ajuster, s’adapter à quoi, se mettre d’accord entre qui et qui, dialoguer, négocier avec quelle réflexion commune, quel projet commun, quelle volonté commune de servir notre société, la dignité de ses membres, la place de chacun, fut-il fragilisé ou en voie de l’être :
Les services d’aide, de soins et d’accompagnement à domicile vont devoir continuer à s’adapter, à ( r ) évoluer, car plus que jamais, les temps sont graves !Construits depuis 40 ou 50 ans pour certains d’entre eux, ils ont formulé des réponses au fil du temps dans des inscriptions plus ou moins aisées dans des politiques publiques (celles qui suivent et ne précèdent pas ou pas souvent) dans une cohérence qui se cherche … des pas en avant, des pas en arrière, des pas sur le coté (ceux qui sont « à coté de la plaque »)… parfois, souvent !
Mais cela est le passé, un passé qui raconte une histoire, pour mieux se projeter dans un avenir !Le rapport du Conseil Economique et Social « pour une prise en charge collective, quel que soit leur âge, des personnes en situation de handicap » raconte ce sur quoi il est urgent (pas encore dépassé !) d’anticiper pour s’adapter :
Pour prévenir, pour anticiper, pour s’adapter, il faudrait une vrai volonté de tous pour penser dans le bon sens ; le bon sens est celui qui pense en premier lieu, qui organise en conséquence et qui finance après.Il est URGENT d’initier une réflexion collective (celle qui ne parle pas que de soi, de sa discipline, de son pouvoir, de ses malades, de ses vieux, des ses handicapés…) pour imaginer ce que seront progressivement les besoins d’aide, de soins et d’accompagnement de toutes les personnes en voie de fragilisation, quel que soit leur age et l’origine de leurs difficultés… en pensant ce en quoi, chacun et chacune doit être reconnu (et donner des signes de reconnaissance) dans sa citoyenneté… penser collectivement et répondre de façon adaptée en fonction de chacun… vaste chantier, mais pour lequel existent des éléments, de la matière, des hommes et des femmes compétents et concernés.Dans un second temps, et après seulement, comment penser l’optimisation, l’adaptation, la transformation, l’évolution des réponses ! Nous avons des outils, beaucoup d’outils, mais si l’on y regarde de près, cela ressemble à une grande pagaille (oserait-on prendre l’exemple de l’évaluation des besoins des personnes où tout le monde fait tout et n’importe quoi ?)Il semblerait qu’il manque un pilote dans l’avion !Et puis, et enfin, dans un troisième temps seulement il faudrait s’interroger sur le prix, qui paye quoi et combien, dans quelle conception solidaire ?Anticiper collectivement… s’adapter à tous et chacun…Qui donne rendez vous à qui ?Vous souhaitez réagir à cette chronique?Contactez-nous.
Florence LEDUC, directrice générale adjointe de l'UNASSAD
mis à jour le 04/04/2004
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