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Portrait : Anne–Sophie Jacquet « Respecter l'histoire de chacun »


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Anne-Sophie Jacquet dirige un des quatre secteurs parisiens d’aides à domicile pour l’association Adiam qui fait partie de l’Unassad. Elle nousdit, combien ses études de psycho-pathologie clinique lui sont précieuses dans cette très prenante fonction.

Respect - Ecoute

« L’essentiel, pour moi, est de respecter l’histoire de la personne qui sollicite notre aide. »Là-dessus, Anne Sophie est intransigeante. Pas question pour elle de laisser nommer les uns ou les autres « Papie » ou « Mamie» . C’est une consigne qu’elle transmet à l’équipe de 52 aides-ménagères dont elle a la responsabilité.Chacun a eu une vie souvent pleine d’événements, et l’âge ne doit pas dispenser d’en tenir compte.Anne-Sophie n’a pas choisi la psychologie par hasard : elle a le goût de l’écoute. Elle pensait plutôt se consacrer à celle des enfants en détresse mais la confrontation à la maltraitance lui a paru difficile. Les hasards de ses études l’ont amenée à faire un stage dans le service du docteur Forette et un mémoire sur la maladie d’Alzheimer.C’est encore le hasard qui la fait entrer à l’Adiam, cette association fondée en 1965 pour venir en aide aux personnes israélites sans ressources survivantes de la Shoah et qui a depuis étendu ses activités à tous ceux qui la sollicitent.

Contacts - Informations - Etapes

Le premier contact d’Anne-Sophie avec les demandeurs de service est d’abord téléphonique. Le dossier administratif d’admission a été préalablement établi . A elle de le parfaire : « Au téléphone j’ai souvent l’entourage de la personne (enfants, voisins, amis). Je m’enquiers des besoins précis, des aides de soins déjà en place.» Là, première difficulté : « La demande peut être maximisée ou minimisée. C’est selon l’état d’angoisse de l’entourage ou sa crainte d’ôter de l’autonomie à la personne. » Il faut donc obtenir des informations pour connaître les besoins réels de la personne et lui envoyer, celle qui sera le mieux à même de la satisfaire.Une semaine plus tard, après cette période d’essai, nouvel appel , Anne-Sophie s’enquiert de l’adéquation entre la personne et l’aide-ménagère .Puis ce sera la visite à domicile trois semaines plus tard. Elle tentera alors de déceler les rapports qui se sont établis. Ce n’est pas toujours simple : « Il existe souvent une différence d’appréciation entre la personne et son aide. La vérité vraie est difficile à trouver. Assez vite. L’objectif est que la personne soit satisfaite mais il faut aussi lui expliquer que cette satisfaction ne passe pas toujours par les étapes dont elle a l’habitude. Ce qui est plus compliqué avec celles qui ont toujours eu la maîtrise entière de leur vie".

Recrutement - Coordination - Individualisation de l'aide à domicile

C’est la directrice-adjointe qui recrute les aides à domicile, après quoi, chacun des responsables de secteurs a deux entretiens successifs avec elles pour apprécier celles qui conviendront le mieux dans le périmètre dont elles ont la charge.« Nous avons beaucoup de femmes d’origine maghrébine ou africaine. Certaines ont un certificat d’aptitude aux fonctions d’aide à domicile (Cafad) ou un Bep sanitaire et social mais surtout beaucoup ont une longue expérience de terrain. Ce boulot est difficile et je suis surprise par la manière dont elles investissent leur travail et lui donnent de la valeur. Elles en font souvent dix fois plus que ce pour quoi elles sont payées. Certaines même vont jusqu’à assister aux obsèques de celle ou de celui qu’elles ont accompagné chaque jour pendant plusieurs mois. »Des coordinations de secteur ont lieu chaque mois. Elles réunissent médecins, infirmières, assistantes sociales et psychologues. Ces échanges permettent, entre autres de traiter de dossiers délicats. Et d’élaborer des projets.Actuellement l’objectif départemental concerne l’individualisation de l’aide à domicile. Il coïncide précisément avec la conception d’Anne-Sophie : une approche de la personne âgée qui tienne compte de son histoire.



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