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Maladie d'Alzheimer : nouveau cri d'alarme des professionnels

On est loin du compte !


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Plus d'un millier de médecins, chercheurs et personnels de santé se sont réunis lundi 3 et mardi 4 mai à Toulouse à l’occasion du 3ème congrès national des unités de soins Alzheimer avec pour principal objectif d'améliorer la prise en charge, encore très insuffisante, des malades.

Les médecins et spécialistes ont brossé, devant les participants du congrès, un portrait sans fard de l'insuffisance criante des structures d'accueil destinées à la prise en charge des victimes de cette maladie.Les données les plus récentes évaluent à 769 000 les personnes âgées de 75 ans et plus victimes d'une forme de démence, dont 80% atteints par la seule maladie d'Alzheimer. A en croire les spécialistes, les capacités d'accueil de ces malades sont notoirement insuffisantes.«Il faudrait aujourd'hui 740 000 places médicalisées pour accueillir les personnes âgées démentes, 344 000 en institution et 396 000 à domicile. Nous n'en recensons que 514 000. Et encore 48 % des démences sont non identifiées. », a commenté le Pr Jean-Marie Vetel, chef du service de gériatrie de l'hôpital du Mans et président du syndicat national de gérontologie clinique. L'étude qu'il a réalisée auprès de 413 établissements d'accueil et 29 550 pensionnaires précise que si le réseau d'accueil est suffisamment dense dans le sud de la France, il ne couvre que 55 % des besoins dans le nord. «La carte de France des besoins en capacité d'accueil se superpose à l'identique à la carte de France des taux de surmortalité observés pendant la canicule», a relevé le Pr Vetel. «Ce qui veut dire que dans les régions où les besoins n'étaient pas couverts, les gens sont morts...»

Sous-effectifs

Outre ce manque évident de places, les spécialistes pointent du doigt les sous-effectifs dans les maisons de retraite, avec une moyenne de 0,35 agent par malade soit, congés inclus, un agent disponible pour six malades qui nécessitent des soins et une attention permanents.«Quels que soient les efforts accomplis par les personnels, nous sommes toujours dans l'impossibilité d'assurer nos missions», a résumé le Pr Jean-Luc Albarède, gériatre au CHU de Toulouse. Et les perspectives d'avenir sont encore plus sombres, malgré l'adoption par le gouvernement d'un plan dépendance. «L’évaluation des besoins est de 100 à 120 000 nouvelles places d'ici 2010 en institution. », a souligné Didier Passet, de la Fédération hospitalière de France (FHF). «Or, le plan du gouvernement n'en prévoit que 10 000 d'ici 2007 !»Pour les malades d'Alzheimer les besoins d'ici 2005 sont de 40 000 places.Même fossé constaté en matière de recrutement. La FHF évalue les besoins à 50 000 infirmières et aides-soignantes de plus d'ici 2010, alors que le plan dépendance ne prévoit le recrutement que de 13 000 de ces agents . «Les prévisions démographiques font peur mais le plan des pouvoirs publics manque cruellement d'ambitions. Il ne fait que rattraper un peu de notre retard », a estimé Didier Sapy, directeur de la Fnacppa (Fédération nationale accueil et confort pour personnes âgées). « Attention, le manque de lit est un facteur de non qualité. La mise en institution se fait toujours en urgence, l’équilibre de l’offre et de la demande n’est pas régulée. » renchérit M. Sapy.



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