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Interview de Jean-Pierre Dei Cas

La problématique du logement social


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Jean-Pierre Dei Cas, 54 ans, vient d’arriver à l’AREPA.L’essentiel de sa carrière s’est déroulé dans l’univers du logement social dans le groupe Caisse des Dépôts et Consignations.Ce fumeur pressé et volubile qui nous accueille au siège de l'AREPA en banlieue parisienne, apporte un regard neuf sur le secteur médico-social, même si son épouse, infirmière, lui a permis desuivre de près les évolutions.Il compte bien mobiliser ses réseaux au profit de l’AREPA et développer de nouveaux projets porteurs pour ses établissements.

L'AREPA aujourd'hui ?

Jean-Pierre Dei Cas : L’Arepa est une association gestionnaire d’établissements d’accueil pour personnes âgées. Et ce depuis 1964, sous l’impulsion de la SCIC (filiale immobilière de la Caisse des Dépôts et Consignations).L’AREPA gère aujourd’hui 44 logements-Foyers et 23 EHPAD (Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes).Savez-vous que l’AREPA est à l’origine du premier Ehpad français ? Elle s’appelait MAPAD et elle a été fondée en 1984 à Sèvres (Hauts-de-Seine).Entre le secteur privé commercial et les établissements hospitaliers que l’on humanise, l’AREPA, structure associative sans but lucratif, a ainsi sa place. L’évolution de la longévité entraîne de nouvelles demandes de services pour faire face à ces nouveaux enjeux. Les disparités sociales et économiques se profilent. Ne parle-t-on pas déjà de vieillesse à plusieurs vitesses ?

Quel avenir pour l'AREPA ?

Jean-Pierre Dei Cas : d’hébergeur, l’AREPA va peu à peu devenir « accompagnateur de vie en direction du grand-âge ».Concrètement, nos établissements vont progressivement devenir des plates-formes de services, d’informations, de formation, de sensibilisation des populations à l’évolution de la longévité. Nous allons encore plus ouvrir nos portes afin de permettre des visites, des séjours temporaires, pour préparer l’avenir, pour le jour où…L’AREPA va rester dans une logique de logement social, en proposant divers accompagnements jusqu’à la fin de vie.

Pouvez-vous nous citer un exemple d’ «établissement plate-forme » ?

Jean-Pierre Dei Cas : un exemple opérationnel est celui de notre EHPAD de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) en région parisienne. Il comprend à la fois 60 lits d’hébergement mais aussi un SSIAD (Service de soins infirmiers à domicile) de 40 lits, ainsi qu’un service de gardes de nuit à domicile « Le Soleil de Minuit » en partenariat avec SAM-AREPA, entité du groupe AREPA.Cette plate-forme va trouver sa rentabilité dans le temps, à partir d’une organisation inscrite dans les territoires, une insertion au sein des réseaux de professionnels coordonnés, des conventions et contrats d’objectifs avec les autorités de tarification…

Selon vous, y-a-t-il un avenir pour les logements-foyers ?

Jean-Pierre Dei Cas : oui, selon moi, le concept de logements-foyers a un avenir. Sans disposer à ce jour d’analyses précises, on peut imaginer qu’environ 20 % d’entre eux, inadaptables, trop vétustes, vont devoir disparaître. 20 autres pour cent vont être médicalisés et transformés en EHPAD. Mais les établissements proches des grands centres urbains vont continuer d’attirer les personnes aux faibles niveaux de retraite qui doivent quitter leur logement devenu trop grand. L’avenir des logements-foyers est indissociable, à mon sens, de la problématique plus globale de l’offre de logement social, notamment de petits logements en zone urbaine.Ces logements-foyers gagneront aussi à devenir des plates-formes de service largement ouvertes sur leur quartier : restauration, animation, vie sociale…Trois établissements de l’AREPA, dans le cadre des Journées du Volontariat les 11 et 12 juin 2004, organisées par Unis-Cité, vont traduire dans les faits cette volonté d’intégration dans la cité par la participation à des expériences inter-générations, inter-ethnies, inter-structures locales à Créteil (quartier du Mont-Mesly) et Jouy-en-Josas.

Comment soutenir voire garantir les projets associatifs comme ceux de l’AREPA ?

Jean-Pierre Dei cas : l’AREPA n’est pas un établissement public. Ce n’est pas non plus une structure privée commerciale pouvant lever des capitaux et devant rémunérer ceux-ci. Notre statut non lucratif, notre professionnalisme, la motivation de nos équipes vont nous permettre d’envisager de nouvelles formes de financements innovants, parfois portés par les fonds publics (foncier et baux emphytéotiques…). Sur la base de contrats d’objectifs donnant une lisibilité aux projets, l’AREPA peut intéresser différentes institutions, fondations, caisses de retraite…Nous allons naturellement être partie prenante dans la création de filières professionnelles, car le développement des ressources humaines (recrutement, formations…) est l’enjeu des années à venir au-delà des investissements nécessaires (rafraîchissements…).Nos structures vont par ailleurs intégrer les nouvelles technologies : domotique, télé-alarme, Internet…pour naturellement devenir des plate formes gérontologiques dynamiques et attrayantes.



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