Agevillage

Et si les professionnels s'associaient pour donner de la voix et réveiller la société ?

“I have a dream..”


Partager :

Cette phrase de Martin Lutter King, Alain Lecerf, 57 ans, directeur général de l’AREFO-ARPAD, l’a affiché à l’entrée de son bureau situé dans le quartier « haussmannien » de la capitale.Alain Lecerf aime son métier ; il aime l’idée d’accompagner des personnes de plus en plus âgées jusqu’à leurs derniers instants. Cette expérience a commencé en 1989.S’il est fier de conduire ses associations vers de nouvelles formes de gouvernances, proches du monde de l’entreprise : management, rigueur, cohérence, communication… ; il regrette amèrement que le secteur des professionnels de la gérontologie ne se retrouve pas davantage autour d’enjeux communs afin de réveiller les consciences d’une société qui n’accepte ou ne reconnaît pas son vieillissement.Porté par sa fibre militante, il se retient de dire, ce qu’il a envie de crier à ces décideurs politiques, aphones, qui pourraient prendre à bras le corps cette question : que voulons-nous pour les très vieux d’entre nous, malades, fragiles, aujourd’hui et demain ? Que souhaitons-nous pour notre propre vieillesse ? Quel sens donne-t-on à la vie, à la vieillesse ?

Pouvez-vous nous décrire, l’AREFO et l’ARPAD ?

Alain Lecerf : Ce n’est pas un hasard si je dirige l’AREFO, association à but non lucratif (loi 1901) depuis 15 ans. J’aime mon métier, j’aime le fait que nous accompagnons les résidents avec amour, le mot est lancé.Dans nos 36 logements foyers et 2 résidences avec services, il fait bon vivre en AREFO.Il en est de même en ARPAD, qui est une Association de résidences pour personnes âgées en perte d’autonomie, regroupant 14 maisons médicalisées.Sans les nouvelles technologies et la solidité de nos valeurs associatives, les 26 collaborateurs du siège, qui sont la valeur ajoutée du terrain, ne pourraient communiquer avec ces 52 sites éclatés de Saint Omer à Perpignan.

Vous semblez porté par une fibre militante, quel message souhaitez-vous transmettre ?

Alain Lecerf : Le secteur public, à travers l’hôpital ou les collectivités locales, est souvent sur le devant de la scène. Je pense qu’il est aujourd’hui urgent que la branche associative du secteur de la gérontologie prenne la parole et agisse. Je suis donc ravi que des médias s’intéressent à nous.Les investisseurs et entrepreneurs privés commerciaux communiquent, c’est nécessaire : ils doivent rentabiliser les établissements qu’ils ont construits ou repris.La place qu’ils ont prise est logique en raison de l’important désengagement de l’Etat sur ce secteur depuis plus de 10 ans, alors que les besoins, énormes, se dessinent.Le secteur associatif est une sorte de troisième voie, celle du champ social et entrepreneurial.Nous sommes des chefs d’entreprise à vocation sociale. Nous réinvestissons nos éventuels excédents pour notre activité, c’est à dire les résidents, leur confort, la qualité de leur prise en charge et naturellement nous investissons beaucoup pour nos personnels : convention collective, formations. (Notre convention collective CCN 51 est celle de la FEHAP -Etablissements privés à but non lucratif- elle est plutôt avantageuse).Pour se créer, nos établissements bénéficient des financements de l’action sociale des caisses de retraite et de prêts aidés de l’Etat (PLA, et aujourd’hui PLUS ou PLS).Nos résidents ont des ressources modestes, et cette situation ne risque pas de s’améliorer à l’avenir, après 30 à 35 ans de crise, où des problèmes de cotisations ont pu se faire sentir dans des carrières entrecoupées par des périodes de chômage, et des pensions retraites qui vont aller en s’amenuisant.Pour moi, il faut un réveil des consciences. La société doit savoir quel avenir elle se prépare : quelles solutions offrir aux personnes à revenus moyens voire faibles ?Nous devons mieux informer nos concitoyens, les décideurs, pour ensuite permettre un meilleur choix.

Vos logements foyers sont occupés à plus de 98%, comment l’expliquez-vous ?

Alain Lecerf : Les motivations les plus fortes des résidents de ces logements aux services collectifs et libres sont : le rapprochement familial, une solitude trop lourde à porter, un besoin de sécurisation.Au sein de nos établissements, pas de télé-alarme raccordée aux pompiers ou au Samu. La permanence d’un personnel est assurée 24H/24, via une interphones interne dont la technologie est moderne. Des logements de fonction permettent cette présence.Nos établissements sont intégrés dans les villes, donc dans la vie; des services collectifs s’ouvrant sur l’extérieur sont possibles : restauration, halte garderie…Les redevances mensuelles sont abordables (plus ou moins 550 euros par mois) et les services sont variés et de qualité : restaurant, activités…Un livre a été réalisé, fruit d’un travail de la mémoire des résidents de toute la France : « La traversée d’un siècle ». Il a aussi été raconté en chansons et édité dans un CD : « Le cours de la Vie ».L’émotion vous envahit « le temps s’en va, le temps s’en vient »…

Vous militez pour l’avenir des logement-foyers

Alain Lecerf : A l’AREFO ARPAD nous souhaitons un développement maîtrisé de nos structures (2 à 4 par an) à partir, par exemple, des implantations existantes et/ou en collaboration avec les acteurs locaux. (Villes, offices de HLM, OPAC, Caisses de retraite…).Cette année nous ouvrons ou reprenons deux EHPAD : une implantation à Sète, une à Dijon ; d’autres projets sont en cours : Juvisy, Nevers, Valenciennes, Epinay sur Seine, Arras, Courbevoie.Les disparités régionales en terme de volontés politiques et de faisabilité restent fortes.Les caisses de retraite restent heureusement présentes ; la notion d’action sociale collective demeure une réalité, le récent plan AGIRC-ARRCO sur 5 ans le corrobore.Concernant l’avenir du logement foyer, que je considère comme étant une réponse très pertinente en direction des personnes âgées à « autonomie maîtrisée », je regrette vivement le report de la mise en œuvre des préconisations du rapport GRUNSPAN, rapport de grande qualité, qui a eu le mérite de réunir durant 7 mois de nombreux acteurs du champ social et de l’immobilier social.Je vous l’ai dit, nos logements foyers répondent néanmoins à des demandes de personnes âgées aux revenus limités dont le niveau d’autonomie s’élève à un GMP de 130, sur l’ensemble des établissements.Cette offre de vie et de services est cohérente sur des territoires ayant besoin de services intégrés dans la ville.Je fais aussi partie de ceux qui militent pour une aide sociale partielle dans les établissements, notamment les EHPAD.En fait, il me parait normal et sain que les personnes, qui peuvent payer, s’acquittent de leurs redevances ou prix de journée, même dans les chambres, ou appartements, mitoyens d’autres qui ne le peuvent pas, ou qui ont plus de difficultés. C’est aussi cela la solidarité.L’habilitation totale à l’aide sociale de certains établissements entraîne des rigidités et des contraintes administratives et budgétaires importantes, et ce notamment depuis la réforme de la tarification.AREFOSiège social et bureaux de gestion103 bd Haussmann 75008 PARISTél. 01 42 68 40 40Fax 01 42 68 07 24Courriel : elzblanc@arefo.comSite Internet



mis à jour le

Partager :


Vos réactions

Il n'y a encore aucune réaction à cet article.



Réagir à cet article :

* ne sera pas affiché


HAUT DE PAGE

© Eternis SA -