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Assurance maladie

La Cnam évalue les dépenses non justifiées à plus de 5 milliards d’euros


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Au moment ou le gouvernement refuse clairement d'impliquer les médecins dans la réforme de la sécurité sociale, la Caisse nationale d'assurance maladiepublie une étude qui met en cause l'acte de prescrire.Les dépenses injustifiées pour les seuls soins de ville s'élèvent de 5 à 6 milliards d'euros chaque année en France, selon une étude publiée mercredi 2 juin,par la Caisse nationale d'assurance-maladie.

Selon une étude réalisée par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), une plus grande discipline des médecins d'une part et une meilleure organisation des soins de l'autre permettraient d'économiser plusieurs milliards d'euros par an. L’étude porte essentiellement sur les dépenses de prescription de soins de ville, car l'assurance-maladie ne dispose pas de données lui permettant d'évaluer l'activité des établissements publics hospitaliers.«La source essentielle de ces dépenses non justifiées réside probablement dans certaines sur-prescriptions médicales manifestes (médicaments, analyses médicales, frais de transport)», écrit la Cnam. Elle souligne ainsi qu'un quart des généralistes prescrit our moins de 64 euros par consultation mais qu'un autre quart prescrit pour plus de 91 euros «sans que cette différence ne s'explique par une différence de clientèle».«Si les médecins qui prescrivent plus que les autres revenaient à des comportements moyens, l'économie générée pourrait s'élever entre 2 et 2,5 milliards d'euros par an, dont la moitié pour le seul poste des médicaments». Ces sur prescriptions sont plus fréquentes «dans certaines zones géographiques» et semblent liées à «des pratiques médicales ou des habitudes particulières plus qu'à des facteurs objectifs».

MEILLEURE ORGANISATION

La Cnam estime que ces dépenses correspondent souvent à des «thérapeutiques inadaptées», trop lourdes ou trop coûteuses au regard de leur utilité. A titre d’exemples, l’étude cite :

  • - le traitement trop systématique des dyslipidémies (excès de cholestérol) par desmédicaments hypolipémiants alors que le suivi de règles hygiéno-diététiques suffit dansde nombreux cas.
  • - la sur-prescription de psychotropes et d’hypnotiques (dépassement de posologie ou dedurée de traitement).
  • - les cures thermales, pour nombre d’orientations thérapeutiques dont l’efficacité médicale n’est pas prouvée selon des méthodes validées.
  • .Le remboursement à 100% de certains soins qui devraient être pris en charge au taux normal (70,65 ou 35%) occasionnerait un surcoût d'environ 2 milliards d'euros par an. Le développement des médicaments génériques et la généralisation des tarifs forfaitaires de remboursement pourraient permettre d'économiser environ 500 millions d'euros par an.Les économies liées à l'amélioration de l'usage des soins sont évaluées à 400 millions d'euros. Si le coût de l'insuffisance de coordination des soins entre hôpital et ville est difficile à évaluer, le développement de la seule chirurgie ambulatoire pourrait générer une économie de 100 millions d'euros pour les cinq interventions les plus fréquentes. Cette étude a été rendue publique au lendemain de l'annonce par le gouvernement d'un dispositif visant à faire économiser un milliard d'euros par an à l'assurance-maladie grâce à son «dispositif de lutte contre les arrêts-maladies abusifs et injustifiés».En 2003, selon la Cnam, les versements d'indemnités journalières (pour arrêts-maladies ou accidents du travail, hors maternité) ont atteint 5,4 milliards d'euros, après presque huit milliards d'euros en 2002.



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