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L'espérance de vie des hommes tend à rattraper celle des femmes

Une étude l'Ined fait le point


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Les femmes vivent en moyenne sept ans de plus que les hommes, mais l'écart, qui n'avait cessé de se creuser depuistrente ans, se réduit peu à peu, constate l'Institut national d'études démographiques (INED). Les hommes boivent et fument moins, et se soucient davantage deleur santé physique.

Les femmes continuent à distancer les hommes. Mais, discrètement et sûrement, ceux-ci commencent à les rattraper. C'est la tendance observée par l'Institut national d'études démographiques (INED) : l'écart d’espérance de vie des hommes et des femmes tend à s'amenuiser. Ce constat, dressé par la chercheuse France Meslé, est détaillé dans le dernier bulletin mensuel d'information de l'INED, Population et sociétés, dans une étude intitulée : «Espérance de vie : un avantage féminin menacé ?»Malgré ce titre alarmiste : l'espérance de vie continue à progresser dans les pays industrialisés, pour les hommes comme pour les femmes. Mais ce que l’étude de l’Ined montre c’est que l’inégalité entre les hommes et les femmes face à la mort s’atténue. Cette inégalité, qui n'avait cessé de s'accentuer pendant trente ans au bénéfice des femmes, a commencé à se stabiliser, et même à décroître depuis le début des années 1990 en France : l'écart entre les espérances de vie féminine et masculine n'est plus que de 7 ans en 2003, alors qu'il avait culminé à 8,2 ans dans les années 1980.L'auteur de l'étude voit dans cette inversion de tendance «un mouvement d'ensemble important» qui touche, l'une après l'autre, toutes les nations à faible mortalité. Ce retournement a, en effet, été observé successivement dans les pays anglo-saxons dans les années 1970, puis dans les pays du nord de l'Europe (à l'exemple de la Suède) dix ans plus tard, et enfin dans les pays méditerranéens (France, Italie) dix ans après.Deux facteurs expliquent ce mouvement : les comportements individuels face à la santé et les progrès médicaux. Historiquement, rappelle l'INED, les femmes ont toujours été favorisées sur ces deux plans : «Plus proches des services médicaux, tout au long de leur vie, à travers la contraception, la maternité ou la santé de leurs enfants, elles ont bénéficié à plein de la prévention et des nouveaux traitements.»

«AVANTAGE BIOLOGIQUE»

Selon France Meslé, les femmes sont en outre dotées, dès le départ, d'un «avantage biologique»- une sorte de «coup de pouce» inné - qui leur offrirait, pour des raisons biologiques uniquement liées à leur sexe, une longévité plus importante que celle des hommes - un «bonus» de l'ordre de deux ans. Pour étayer cette idée, Mme Meslé prend l'exemple des «tout petits enfants, chez qui l'on constate aujourd'hui une légère surmortalité (+30 %) des garçons avant l'âge de 3 mois, avant même que la culture et la société aient influencé leur comportement» . L'inégalité homme/femme face à la mortalité serait ainsi présente dès la naissance, mais «l'essentiel est le culturel et le social», estime l'auteur de l'étude, en guise d'encouragement.C'est donc surtout par la modification de leur comportement que femmes et hommes, indépendamment, ont réduit l'écart entre leurs espérances de vie respectives. Pour la gente masculine, deux types d'explication sont avancés. D'une part, les hommes ont abandonné ou du moins plus souvent évité, les comportements nocifs pour la santé. Dans le passé, «plus engagés dans des activités professionnelles à risque, consommant davantage d'alcool et de tabac, conduisant plus souvent, les hommes ont été touchés, plus prématurément et plus fortement que les femmes, par les maladies de société» ,indique l'étude. Fort logiquement, l'explosion des accidents de la circulation et la hausse des cancers des poumons avaient donc creusé l'écart avec les femmes.Mais ces dernières années, du fait de la politique de lutte contre le tabagisme, la baisse de la consommation de cigarettes, plus importante chez les hommes que chez les femmes parce que plus ancienne, a conduit à «un retournement de la mortalité cancéreuse masculine liée au tabagisme», selon Mme Meslé. «Compte tenu du long délai de latence entre l'intoxication tabagique et le développement des tumeurs malignes, les effets de la baisse de la consommation masculine sur la mortalité par cancer broncho-pulmonaire ne sont devenus visibles que récemment, explique l'étude. C'est cette nouvelle évolution qui a été déterminante dans la réduction de l'écart d'espérance de vie entre les sexes amorcée en France en 1992.»

LA PART DES FUMEUSES

Par ailleurs, les hommes ont aussi eu la bonne idée de s'inspirer des lignes de conduite des femmes en matière de prévention. Le souci accru d'une alimentation saine et des contrôles réguliers des facteurs de risques (tension, cholestérol), alliés aux avancées en cardiologie, ont permis à l'ensemble des hommes de «tirer parti à leur tour des progrès remportés dans la lutte contre les maladies cardio-vasculaires». Or, «partant d'un niveau plus élevé de surmortalité, ils ont pu engranger des gains supérieurs à ceux des femmes».Par ailleurs, les hommes ont aussi eu la bonne idée de s'inspirer des lignes de conduite des femmes en matière de prévention. Le souci accru d'une alimentation saine et des contrôles réguliers des facteurs de risques (tension, cholestérol), alliés aux avancées en cardiologie, ont permis à l'ensemble des hommes de «tirer parti à leur tour des progrès remportés dans la lutte contre les maladies cardio-vasculaires». Or, «partant d'un niveau plus élevé de surmortalité, ils ont pu engranger des gains supérieurs à ceux des femmes».Cette réduction de la surmortalité masculine ne s’applique pas à tous les âges. L'exemple le plus frappant est celui des décès accidentels : à 20 ans, un jeune homme risque trois fois plus de mourir qu'une femme du même âge.Du côté des femmes, la tendance, en matière de comportement, est moins favorable que chez les hommes, en particulier sur la question du tabagisme : la part des fumeuses régulières s'accroît régulièrement. Mais cette modification des comportements féminins ne permet encore, selon la chercheuse, de parler de retournement au détriment de l'espérance de vie féminine, compte tenu des effets à retardement du tabagisme. A l'heure actuelle, la mortalité liée au tabac chez les femmes reste encore très nettement inférieure à celle des hommes.La réduction des différences d'espérance de vie entre les sexes est donc très largement à mettre au compte du rapprochement des comportements entre hommes et femmes, et des effets de rattrapage statistique. « Ce phénomène était prévisible,explique la chercheuse de l'INED, mais la surprise tient au fait qu'il ne soit pas arrivé plus tôt et qu'il ait fallu attendre les années 1990 pour qu'il se produise en France.»Cette réduction de la surmortalité masculine ne s’applique pas à tous les âges. L'exemple le plus frappant est celui des décès accidentels : à 20 ans, un jeune homme risque trois fois plus de mourir qu'une femme du même âge.Du côté des femmes, la tendance, en matière de comportement, est moins favorable que chez les hommes, en particulier sur la question du tabagisme : la part des fumeuses régulières s'accroît régulièrement. Mais cette modification des comportements féminins ne permet encore, selon la chercheuse, de parler de retournement au détriment de l'espérance de vie féminine, compte tenu des effets à retardement du tabagisme. A l'heure actuelle, la mortalité liée au tabac chez les femmes reste encore très nettement inférieure à celle des hommes.La réduction des différences d'espérance de vie entre les sexes est donc très largement à mettre au compte du rapprochement des comportements entre hommes et femmes, et des effets de rattrapage statistique. « Ce phénomène était prévisible,explique la chercheuse de l'INED, mais la surprise tient au fait qu'il ne soit pas arrivé plus tôt et qu'il ait fallu attendre les années 1990 pour qu'il se produise en France.»



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