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Chronique de Jocelyne Wroebel - Juin 2004

De l'inquiétude des responsables de C.C.A.S


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Le projet de loi en cours de discussion au Parlement relatif au dispositif de solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées prévoit l’élaboration, dans chaque département, d’un dispositif de veille et d’alerte au profit des personnes âgées et handicapées en cas de risques exceptionnels.Ce dispositif, dénommé “Plan vermeil”, a pour objectif, l’intervention ciblée des services sanitaires et sociaux au domicile des personnes âgées et handicapées ou à risque, en cas d’épisode climatique extrême ou de situations exceptionnelles.Il suppose, en amont, un repérage des personnes concernées qui est à la chargedes communes... d’où une grande angoisse des responsables communaux : repérer qui, quoi, comment et pour faire quoi ?De l'inquiétude des responsablesde C.C.A.S

Repérer les personnes à risque ...

Dans le projet de loi en discussion, les personnes à risque A juste titre, les responsables de CCAS s’inquiètent de la mise en oeuvre de ces registres : enregistrer la demande émanant d’un parent ou d’un tiers... certes... mais ensuite comment vérifier que la personne concernée est informée et consentante si elle peut exprimer son consentement ?Faut-il envoyer un travailleur social à son domicile ? Si l’on doit donner à chaque personne âgée un référent, combien faudra-t-il de référents en période de congés d’été quand les effectifs de professionnels se réduisent ? Qui paiera les “intermittents des événements climatiques exceptionnels” ?Certes, dans les petites communes, tout le monde se connaît ; mais dans les grandes communes ? Que faire de ce registre des inscrits qui pourra comporter plusieurs centaines de noms ?

Qu'attend t'on des maires?

A partir d’une inscription sur le fichier, quel sera alors le rôle du Maire ou Président du CCAS ? Qu’attend-on de lui ?Doit-il coordonner les services à domicile lorsqu’il s’agit d’une personne bénéficiant déjà de l’APA ou de services à domicile divers ? Mais alors, à quoi servent les services des professionnels ou les CLIC ?Doit-il, simplement, mettre en oeuvre des services spécifiques pour les personnes qui ne relèvent pas d’une prestation existante de type aide-ménagère des caisses de retraite, de l’APA ou de SSIAD ?Doit-il téléphoner chaque jour aux personnes pour leur demander si elles vont bien ou si elles ont besoin de quelque chose ? Doit-il envoyer quelqu'un à domicile ? Combien de fois par jour ? Pour faire quoi ?Et les familles, pour celles qui en ont ? Vont elles pouvoir faire inscrire les personnes âgées sur le registre communal pour se dédouaner de toute responsabilité au moment de partir en vacances ? Pourront-elles porter plainte s’il arrive quelque chose à leur parent pendant leur absence ?En résumé, les maires se sentent déjà responsables, mais ont bien peur de devenir coupables dans l’ambiance générale actuelle qui consiste à tout attendre des collectivités publiques.

Et si l’on reparlait “Fraternité”

Le texte en discussion est muet sur les dispositions qu’on attend des communes, à l’égard des particuliers recensés sur le registre spécial. Il est cependant précisé qu’elles doivent aussi recenser les lieux climatisés dont elles ont la charge.En cas de canicule, les maires devront-ils transporter les personnes à risque dans un endroit climatisé ?C’est-à-dire leur faire prendre un transport en commun par 40 ° pour aller ensuite prendre le frais pendant 2 ou 3 heures puis retour dans la canicule ?Ils en frémissent d’angoisse à l’avance...N’était-il pas plus simple, dans une grande campagne nationale de communication, d’appeler chacun, professionnel, famille, voisin à plus de solidarité et d’empathie pour son prochain ? Bref, à plus de fraternité ?Mais, ceux qui votent la loi sont, aussi, pour nombre d’entre eux, Maires et donc Présidents de CCAS. Ils se sont donc confié, à juste titre, des responsabilités de proximité qu’ils assumeront en conscience et avec efficacité, comme d’habitude.Ils pourront, relayer, au plus près de leurs concitoyens, les messages de fraternité à l’égard des plus fragiles. Ce ne sera pas un luxe au moment où le BIP 40 (baromètre des inégalités et de la pauvreté) nous indique qu’il y a eu une augmentation des inégalités et de la pauvreté sur l’ensemble de la période 1983-2002.Vous souhaitez réagir à cette chronique : contactez-nous.



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