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Polars et santé publique

Quelques romans pour éclairer des aspects sombres de la santé publique


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Médicaments dangereux, lobbies pharmaceutiques, maladie d'Alzheimer, maltraitance en maison de retraite : une collection de polars, lancée par la Mutualité Française et l'éditeur Fleuve noir, s'attaque aux versants opaques et controversés de la santé publique.

« L’idée est venue de la difficulté à mobiliser l'opinion sur des problèmes de santé publique», raconte Roger Lenglet, responsable de la Collection Polar Santé à la Mutualité Française. «Les publications d'experts sur ce genre de sujet plafonnent vite et surtout prêchent à des convertis, c'est pourquoi on a choisi le genre littéraire populaire par excellence : le polar», explique cet ancien journaliste d'investigation. Aux ingrédients fondamentaux du genre - argent, pouvoir, cynisme, sexe – les auteurs ont ajouté dans leurs fictions des morts étranges, des maladies inexpliquées.Forts d'une documentation abondante, les auteurs ont parsemé leurs intrigues onnées véridiques, n'hésitant pas le cas échéant à citer leurs références pour des lecteurs curieux de s'informer plus avant.Quatre livres ont déjà rejoint les rayonnages des librairies, recevant un accueil variable du public selon les sujets et la notoriété des auteurs. Sorti en janvier 2003, «Mort in vitro» de Martin Winckler (médecin généraliste et auteur notamment de «la Maladie de Sachs») a ouvert le bal en fanfare avec 22.000 exemplaires vendus.Cet ouvrage -- centré sur un médicament fictif d'aide à la procréation -- dénonce «les pressions exercées par les laboratoires pharmaceutiques pour la mise sur le marché de leurs médicaments et le manque d'indépendance des experts chargés de statuer sur ces molécules», détaille M. Lenglet.C'est d'ailleurs le seul livre de la collection qui a posé un problème : «le Leem (syndicat de l'industrie pharmaceutique en France, ndlr) s'est plaint d'une phrase en postface, qui a été modifiée lors de la sortie de l'édition de poche», relate Béatrice Duval, chargée de la collection chez Fleuve Noir. Le deuxième ouvrage, «Retraite anticipée» de Gérard Delteil (mai 2003) a pour point de départ la mort dans un incendie de huit pensionnaires d'une maison de retraite privée. Il débouche sur la mise au jour de l'écheveau des personnes impliquées, toutes tenues par des intérêts financiers.Avec entre 3.000 ou 4.000 exemplaires vendus, ce titre «a été un flop, parceque la vieillesse n'est pas glamour», fait valoir Mme Duval.Pourtant, avec le drame de la canicule deux mois après la publication, «ça fait rétrospectivement froid dans le dos», lâche-t-elle, voyant dans la collection «un miroir de la société».Le 3e âge est également à l'honneur dans «Requiem en eau trouble» (février 2004, 7.000 exemplaires) de Paul Couturiau : l'intrigue tourne autour de la relation entre maladie d'Alzheimer et consommation d'eau du robinet à forte teneur en aluminium.Le dernier en date «Panne de coeur» (mai 2004) «s'inspire très librement d'une affaire de sondes défectueuses de pacemakers qui ont été retirées du marché en 1995 et interdites en 1996», explique en note l'auteur, Eric Giacometti, selon lequel «la récupération de pacemakers sur des cadavres et leur réutilisation ont été pratiquées».Le prochain livre «La quatrième plaie» devrait sortir en novembre. «Tant qu'on aura des sujets forts, on continue», affirme Béatrice Duval. Et de conclure : «Mais il faut le faire de façon justifiée et à petite dose car quand on dénonce trop, on ne dénonce plus».



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