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Région d'Arras

Soupçons de maltraitance dans une maison de retraite


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Deux familles ont porté plainte après des soupçons envers des employées d'un établissement d'Arras, dont deux ont été suspendues. Une enquête est en cours.

Deux familles de patients de la maison de retraite Pierre-Brunet d'Arras ont porté plainte, soupçonnant de maltraitance des employés de l'établissement. Deux employées du service de nuit ont été effectivement suspendues de leurs fonctions, a-t-on appris samedi 18 septembre auprès de la direction.Les deux salariées suspendues à titre conservatoire, une infirmière et une aide-soignante, travaillent depuis plus de dix ans à la maison de retraite qui dépend du centre hospitalier d'Arras.Selon les premiers éléments de l'enquête interne, quatre personnes âgées ont été victimes «de négligence au niveau de la qualité des soins», de «maltraitance psychologique», sous forme notamment d'agressions verbales, et d'«abus physiques», a expliqué Alain Lecherf, directeur du centre.Des moyens de contention ont été «mal utilisés ou utilisés de façon abusive ou démesurée», a-t-il précisé. «Ces événements, aussi dramatiques soient-ils, n'ont jamais mis en danger la santé des patients», a affirmé Alain Lecherf. Cette équipe a surement été trop laissée en autarcie.Le directeur a expliqué avoir été alerté le 6 septembre par un pensionnaire, un tétraplégique de 60 ans, qui se plaignait d'une mauvaise qualité des soins.Une des employées soupçonnées de maltraitance s'étant déjà vu reprocher en février par la direction la qualité de son travail, Alain Lecherf a immédiatement diligenté une enquête. Au vu des conclusions de celle-ci, il a alerté la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass), puis le parquet d'Arras.Les policiers du commissariat de la ville, chargés de l'enquête judiciaire, ont commencé à interroger les patients et le personnel de la maison de retraite, qui compte 240 lits et emploie 130 personnes.Une enquête administrative est parallèlement en cours pour identifier d'autres victimes éventuelles et déterminer si d'autres employés pourraient être mis en cause.Deux cellules d'écoute et d'accompagnement ont été mises en place par l'établissement, l'une à la disposition des familles, l'autre des personnels."L'excuse du manque de moyen est trop facile" lance Claudie Martel, cadre de santé.Les personnels «vivent très mal» cette situation, «ils se sentent accusés, », a expliqué le Dr Isabelle Beugnet, médecin chef de la maison de retraite, qui a précisé «être tombée de haut» en apprenant les faits.«La majorité des gens sont très consciencieux» et «très attachés aux personnes âgées», a-t-elle noté, ajoutant: «Il faut que l'on se remette tous en question, qu'on réévalue nos habitudes de travail».Le ministre, Philippe Douste Blazy, pourrait se rendre sur place ce lundi 20 septembre.

Le Code Pénal

Hubert Falco dans un comuniqué du 20 septembre rappelle que l'article 223-6 du code pénal réprime fermement le simple fait de dissimuler ou de ne pas révéler l'existence d'actes de maltraitance.Les agents de la fonction publique confrontés à des situations de maltraitance qui témoignent, font l'objet d'une protection juridique.La démarche "prévention-signalement-action" en cours dans "De la maltraitance à la bientraitance", le 18 octobre à Paris.Inscription en ligne, cliquez ici.



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