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Maltraitance

Quels dysfonctionnements ont pu se produire dans la maison de retraite d'Arras ?


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Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, a annoncé vendredi 24 septembre qu'il avait diligenté une enquête de l'Igas "pour établir la plus totale transparence sur les possibles dysfonctionnements relatifs à la maltraitance de personnes âgées" dans une maison de retraite d'Arras.Au lendemain de la nomination d’une mission d'inspection administrativechargée d’enquêter sur les causes internes qui ont pu être à l’origine des casde violences en direction des personnes âgées résidentes du centre de cure médicale Pierre-Brunet d'Arras et après la mise en examen de deux employées soupçonnées d'actes graves de maltraitance, M. Douste-Blazy, ministre de la santé a "décidé de diligenter une enquête de l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) pour établir la plus totale transparence sur les possibles dysfonctionnements relatifs à la maltraitance de personnes âgées du centrede cure médicale Pierre-Brunet d'Arras", a indiqué le ministère dans un communiqué.La mission d'inspection administrative dépêchée jeudi à Arras « a commencé son travail», a déclaré le directeur de la Ddass du Pas-de-Calais Jean-Luc Desmet, lors d'un point-presse. Les trois médecins, l'infirmière générale et l'inspecteur des affaires sanitaires et sociales qui la composent ont rencontré le directeur de l'établissement, les cadres infirmiers et l'ensemble du personnel, a-t-il précisé.«Tant qu'il y a aura des questions qui se poseront, la mission continuera» d'examiner l'organisation et le fonctionnement de l'établissement, aajouté M. Desmet. Une aide-soignante et une infirmière, âgées de 44 ans et quitravaillaient de nuit dans l'établissement, ont été mises en examen et écrouées dans la nuit de mercredi à jeudi, respectivement pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner et pour violences et non dénonciation de crime.Plus d'une dizaine de pensionnaires pourraient avoir été victimes de sévices. L'avocat de l'aide-soignante, Me Philippe Lété, a mis en cause la direction de l'établissement qui était, selon lui, au courant des problèmes d'alcoolisme de sa cliente, soupçonnée d'avoir poussé de son lit une patiente de 90 ans le 6 septembre, entraînant sa mort. «Ma cliente avait des problèmes d'alcooltrès importants, connus de la direction depuis dix ans. Et on a trouvé normal de lui confier tant de patients», a dénoncé Me Lété.

« manque de personnel criant »

L'aide-soignante était en cure de désintoxication alcoolique et « son traitement la rendait nerveuse et brutale », a-t-il affirmé. Elle avait été « jugée apte à la reprise du travail par le médecin du travail », s'est défendu le directeur du centre hospitalier d'Arras, Alain Lecherf. L'hôpital, dont dépend la maison de retraite, a déposé une plainte contre X avec constitution de partie civile, a-t-il indiqué, ajoutant que le médecin-chef avait été suspendu à titre conservatoire. Cette femme médecin, placée en garde à vue mercredi, a été laissée libre jeudi à l'issue de son interrogatoire, selon une source policière.« On savait depuis longtemps qu'il y avait des dysfonctionnements au sein de l'établissement », a dénoncé le représentant FO du personnel au conseil d'administration Etienne Martinot, qui affirme avoir averti la Ddass dès juin. Selon M. Desmet en revanche, ni l'Agence régionale d'hospitalisation ni la Ddass du Pas-de-Calais n'avaient été saisies de cas de maltraitance. Un autre membre du conseil, Jacques Cassoret, représentant des familles a aussi évoqué des problèmes, notamment un « manque de personnel criant, surtout la nuit ».



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