Agevillage

Lettre à ... 2004

La parole des vieux : 400 lettres


Partager :

Pour sa quatrième édition, l'opération "Lettre à…", créée par la Fondation Nationale de Gérontologie, a donné la parole aux personnes âgées, vivant en établissement ou aidées à leur domicile. Ces personnes ont écrit une lettre sur un sujet qui leur tient à cœur, et quia été soumise à un jury.La rédaction d'une lettre, individuelle ou collective, représente pour les personnes âgées une opportunité d'expression personnelle sur un sujet qui leur est cher. Il ne doit pas s’agir uniquement de récits de souvenirs, mais del’expression libre de leurs opinions, attentes, critiques."Lettre à…" permet de rompre l’isolement, de maintenir le lien social, d'être à l'origine de liens intergénérationnels puisque ces lettres sont lues par tous, y compris les plus jeunes.Les auteurs peuvent ainsi transmettre par écrit leurs réflexions et idées et contribuer à améliorer les relations entre les générations, comme le regard que la société porte sur les personnes âgées."lettre à ..." est soutenue par Sodexho et la Fondation Caisse d'Epargne pour la Solidarité.

Les lettres des vieux : pour transmettre, et raconter la vie

Pour cette 4e édition, plus de 400 lettres ont été rédigées :

  • 90 % sont des lettres individuelles
  • 76 % des auteurs sont des femmes
  • 43 % sont des veufs ou veuves
  • 25 % des auteurs ont plus de 85 ans (13 lettres de 95 ans à 100 ans et 3 plus de cent ans)
  • 70 % des lettres sont des récits simples,
  • 30 % des auteurs prennent position, donnent des conseils ou se situent dans la réflexion.
  • plus de 43 % parlent de plaisir
  • 19 % des lettres sont teintées de plaintes et de souffrance forte ou distanciée.
  • 39 % des auteurs conjuguent leur récit au présent, contrairement aux années précédentes
  • A noter qu’il n’y a quasiment pas de lettres qui s’inscrivent dans le futur.
  • Les auteurs des "Lettres à…" souhaitent avant tout de transmettre (57 %), se livrer à une réflexion (26 %), témoigner leur affection à un proche (24 %) et enfin, pour 13 % d’entre eux : s’exprimer autour de non-dits, de malentendus familiaux, se réparer ou réparer leur histoire pour l’achever dans la sérénité.La vie en institution est le sujet le plus abordé (42 %), viennent ensuite la vie familiale passée (30 %) et présente (18 %), les us et coutumes (16 %), les souhaits précis pour le futur (9 %), les faits de société (9 %), l’appréciation globale sur la vie connotée positivement (8 %), la vie professionnelle (7 %), la mort passée beaucoup plus que future et encore moins présente (3 %), l’école (2 %) et enfin la prise en charge à domicile (1 %).

    9 lettres primées sur 409

  • Prix Coup de cœur, Hélène, 84 ans, ParisLettre dédiée à un sympathique conducteur du bus 58"(…) son sourire m’a fait chaud au cœur, et cette convivialité si spontanée, inattendue dans ce lieu si "froid" de transit public m’a fait grand plaisir. (…) à la descente du bus, je voyais la vie autrement. (…)"
  • Prix Transmission, Stéphanie, 73 ans, ParisAvant et après un accident cérébral…"Avant, la vie est si belle, on ne voit rien, on se sait rien (…) et voici l'après, l’accident, l’épreuve, le coma, les opérations intracérébrales et le handicap. (…) Les années passent (…) on a perdu ses amis (…) mais on en découvre d'autres ; tous ses amis d'infortune (…) on redécouvre les vraies valeurs de la vie. (…)"
  • Prix Témoignage de reconnaissance et d’affection, Michelle, ParisMon amour"Me voici devant une page blanche, aujourd’hui, je désire être encore plus près de toi car tu me manques terriblement. (…) Je suis fière de notre petite famille. Les enfants sont heureux. Ils sont fiers de nous deux, "nous les amoureux du siècle". (…) Ton poème me donne courage : La mort n’est rien ; je suis simplement passé dans la pièce à côté. (…)"
  • Prix Réparation, Marie-Thérèse, 70 ans, TalenceLettre à mon petit Denis"Je sais que ce que je vais te raconter, tu le sais, mais la culpabilité me poursuit encore. (…) Tu as quand même eu la force de venir au monde. Tu n'es heureusement pas venu aveugle, tu avais une malformation de ta petite main. (…) Tout ce que je te dis là, je n’aurais pas pu t’en parler il y a 20 ans sans pleurer. Je suis aujourd’hui très heureuse de ton bonheur, mon fils. (…)"
  • Prix Réflexion, Jean, 76 ans, EckbolsheimLettre à celles et à ceux de ma génération"Vous avez, bien souvent, durant votre vie professionnelle, entendu des collègues excédés par quelques tracasseries s’exclamer : "Vivement la retraite". (…) En fait tout semble permis si… (…) Et les années passent et les petits bobos s’accumulent. (…) Alors vivons notre retraite au présent et au futur."
  • Prix Humour, Charles, 83 ans, AttichyMon Cher Nicolas(…) Avant le petit déjeuner, nous faisons la course à pied dans les couloirs et les escaliers, (…) c'est dire qu'elle place tient la gymnastique dans la maison. (…) Dans la roseraie, nous sautons d'une seule traite sur les 7 bancs de pierre et descendons l'escalier à califourchon sur la rampe. (…) Telles sont les joies que tu goûteras, mon Cher Nicolas, dans 80 ans."
  • Prix Polémique, Jeanne, 92 ans, ParisChères soignantes"Je suis fatiguée !!! (…) Je vais vous expliquer mon vif mécontentement. Il y a des matins où vous me réveillez brutalement (…) au chant du coq tout le monde debout. (…) Vous êtes des filles courageuses, vous aimez toutes votre métier (…), mais s’il vous plaît, pensez à ma tranquillité. (…) J’aime quand vous riez alors protégez mon petit espace. Merci à toutes, Dieu vous le rendra…"
  • Prix Littérature Poésie, Gilberte, 85 ans, NoyonLettre à Flore, ma petite-fille de 23 ans"Tu es toujours sérieuse comme un pape, trop sérieuse, alors que Dieu t’a dotée d’un sourire et d’un rire en cascade capables de faire fondre les cœurs les plus endurcis. (…)Je te donne pour héritagePetite fille aux si beaux yeuxConseil de n’être pas trop sage.Fais de ta vie un feu joyeux ! (…)"
  • Prix Spécial, Anonyme, Cocheren"Si j’avais su que c’était comme ça, je ne serais pas venue. Si je n’étais pas catholique, j’aurais pris des médicaments. (…) Mon fils m’a dit : "tu vas dormir ce soir là-haut" et je ne suis plus rentrée chez moi. Ils ont fait le déménagement. (…) On a raconté des choses, que j’étais folle. (…) Vous n’avez plus le goût à vivre."
  • L’intégralité des Lettres à….. primées sera mise en ligne sur le site de la FNGwww.fng.fr



    mis à jour le

    Partager :


    Vos réactions

    Il n'y a encore aucune réaction à cet article.



    Réagir à cet article :

    * ne sera pas affiché


    HAUT DE PAGE

    © Eternis SA -