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Canicule : pas de sous-mortalité après l'été 2003

Deuxième volet du rapport de l'Inserm


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En septembre 2003, un rapport demandé par le Ministre de la Santé, de la famille et des personnes handicapées fournissait une estimation de la surmortalité liée à la canicule. Ce rapport, réalisé par Denis Hémon (Directeur de l'Unité Inserm 170 – IFR 69 « Recherches épidémiologiques et statistiques sur l'environnement et la santé ») et Eric Jougla (Directeur du CépiDc – IFR 69 « Centre d'épidémiologie sur les causesde décès ») décrivait les principales caractéristiques épidémiologiques de cetévénement.Un an après, le second volet de ce rapport a été remis au Ministre de la santé le 26 octobre. Il finalise la réponse apportée sur l'impact de la canicule et ses conséquences sur les causes médicales des décès observées entre le 1er et le 20 août 2003 en France métropolitaine. Il analyse également le suivi post-canicule de la mortalité du 21 août au 31 décembre 2003.La totalité des résultats de cette étude est accessible sur le site Internet de l'Inserm.

Les causes médicales des décès

Les causes médicales des décès observés en France métropolitaine du 1er au 20 août 2003 ont été référencées selon les règles de codification de l'OMS et analysées en grandes catégories.Il apparaît selon le rapport de second volet de ce rapport que :

  • Quel que soient les causes médicales de décès, celles-ci ont fortement progressé au cours de la canicule.
  • Dans le contexte de cette augmentation, certaines causes ont eu un poids plus particulièrement important :- les coups de chaleur, hyperthermies et déshydratations (causes directement liées à la canicule) ont été multipliées par 20 ou plus par rapport à la mortalité habituelle.- les maladies cardiovasculaires ont été multipliées par 1,4 (+40%).- les maladies de l'appareil respiratoire et du système nerveux ont quasiment été multipliées par 2, (respectivement, +90% et +100%).
  • D'autres causes de décès ont vu leur fréquence augmenter de façon très importante par rapport à la mortalité habituelle. C'est le cas :-des troubles mentaux (+80%), -des maladies infectieuses (+90%),-des maladies de l'appareil génito-urinaire (+90%),-des maladies endocriniennes (+70%).
  • Toutes ces tendances ont été observées pour toutes les classes d'âge (à partir de 45 ans), aussi bien chez les hommes que chez les femmes et quels que soient les différents lieux de décès (hôpitaux, domicile, maisons de retraite). Cependant, comme pour la mortalité générale, les progressions ont été globalement plus marquées chez les personnes les plus âgées, chez les femmes, et pour les décès survenus à domicile et dans les maisons de retraite.
  • Les personnes sont bien mortes trop tôt !

    La mortalité observée en France métropolitaine du 21 août au 31 décembre 2003 a été comparée à la mortalité de la période de référence (2000-2002). Parallèlement, les évolutions démographiques de la population et celles de la mortalité par âge, sexe et mois, ont aussi été prises en compte. Les données des certificats médicaux de décès de l'Inserm ainsi que celles issues de l'état civil de l'Insee ont été croisées. Elles ont permis d'obtenir un dénombrement précis des décès observés au cours de cette période.Il en ressort que:

  • Dès le 19 août 2003 et jusqu'au 30 novembre 2003, la mortalité observée en France métropolitaine est revenue à son niveau habituel.
  • Ce retour à la normale a été observé pour l'ensemble de la population quels que soit l'âge, le sexe, le lieu de décès ou la localisation géographique (y compris dans les départements ayant subi le plus de jours de forte chaleur).
  • Une surmortalité d'environ 8% a été observée chez les sujets de 75 ans et plus pour l'ensemble de la métropole au cours du mois de décembre 2003 (période de l'année où les variations de la mortalité sont influencées par les vagues de froid et par les épidémies). La surmortalité modérée observée en décembre ne présente cependant aucun lien avec les disparités géographiques de la surmortalité pendant la canicule.Jusqu'à la fin de l'année 2003, la surmortalité entre le 1er et le 20 août 2003 n'a donc été suivie :
  • ni d'une surmortalité persistante (qui aurait pu révéler qu'une fraction de la population aurait été gravement fragilisée par la vague de chaleur),
  • ni d'une sous-mortalité transitoire (qui aurait pu révélé une anticipation, de quelques jours, semaines ou mois de décès qui se seraient produits en l'absence de vague de chaleur).


  • mis à jour le

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