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Salon infirmier à Paris

Contre la pénurie, séduire les jeunes étudiants


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Rendre attractive la profession d'infirmier, dans un contexte de pénurie générale de personnels et de pénibilité croissante du métier, tel était l'un des objectifs du 17e Salon infirmier, qui s’est ouvert de mercredi 3 à vendredi 5 novembre pour quelque 40.000 visiteurs à Paris.

«La profession n'attire pas les jeunes, elle est considérée comme pénible, physiquement en raison notamment de la pénurie de personnels - qui n'est toujours pas réglée - mais aussi psychologiquement, notamment avec le nombre croissant de réclamations des malades», explique Françoise Rosenblatt, ancienne infirmière, directrice scientifique et pédagogique du 17e Salon infirmier, qui s’est ouvert de mercredi 3 à vendredi 5 novembre.Depuis plusieurs années, la profession, qui compte environ 420.000 personnes en exercice (87% de femmes), fait face à une pénurie de personnels qui «touche tous les secteurs: l'hôpital, le libéral, mais aussi le scolaire et le énitentiaire», selon Mme Rosenblatt.En 2001, au moment de la mise en place des 35 heures dans les hôpitaux, on estimait qu'au moins 10.000 postes d'infirmiers étaient vacants. Une étude de la Drees (ministères Santé et Affaires sociales) publiée en avril 2004 montrait que les 35 heures avaient accru les difficultés des établissements -publics comme privé- de nombreuses équipes déplorant de travailler plus que jamais «à flux tendus».La répartition démographique des infirmiers sur le territoire pose aussi problème, souligne la présidente de la Fédération nationale des infirmiers (FNI, libérales), Nadine Hesnart. «Dans la couronne parisienne, c'est dramatique. Dans les Hauts-de-Seine, pourtant pas le département le plus difficile, on compte 31 infirmiers libéraux pour 100.000 habitants. La moyenne nationale est de 82 pour 100.000», a-t-elle expliqué.

judiciarisation croissante

Et selon Mme Rosenblatt, ni les dispositifs de recrutement étranger (infirmiers espagnols par exemple, lancé par les pouvoirs publics en 2001), aux résultats «marginaux», ni l'augmentation récente, par les pouvoirs publics, des quotas d'entrée aux instituts de formation n'ont «réglé» le problème. «La profession n'est pas valorisée, donc les écoles ne font pas le plein. 30.000 étudiants devraient sortir cette année, mais il semblerait qu'il y en ait seulement 28.200».Une conférence intitulée «augmentation des quotas d'étudiants en soins infirmiers: quels effets sur la pénurie infirmière ?» a été consacrée au sujet. Pour attirer de nouvelles recrues, les stands d'exposition des hôpitaux occuperont une place de choix, avec un tiers de la surface du salon. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a lancé une vaste campagne de recrutement à destination des infirmiers formés en province. L'exercice du métier dans un contexte de judiciarisation croissante des professions de santé sera aussi discuté, avec des conférences sur le thème «du quotidien du soin infirmier à la justice pénale».Le salon a été aussi l'occasion de valoriser certaines filières aujourd'hui délaissées par les étudiants, comme la gériatrie, avec un débat axé sur le «plaisir de soigner les personnes âgées». D'autres sujets sensibles ou d'actualité comme «les violences et maltraitances dans les situations de soins» , ou «religions, culture et laïcité dans les soins» seront l'objet de témoignages et d'échanges.



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