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Surprescriptions médicales

La Cnam lance la chasse au gaspi


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La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), qui pointe des disparités selon les départements», lance la chasse aux sur-prescriptions d'antibiotiques et de transports sanitaires, et tente de promouvoir les médicaments génériques.

La Cnam, qui a fait le choix d'une maîtrise médicalisée des dépenses de santé, s'étonne dans une étude présentée jeudi 4 novembre à Paris «de fortes disparités géographiques» dans les dépenses de prescriptions médicales qui, selon elle, ne s'expliquent «ni par le profil des patients, ni par les caractéristiques de l'offre locale de soins».«La compréhension de ces disparités, et leur réduction quand elles s'avèrent injustifiées, constituent un enjeu important pour l'assurance maladie», a précisé la Cnam, évaluant «l'impact de ces sur-prescriptions entre 2 et 2,5 milliards d'euros par an, dont la moitié pour le seul poste des médicaments».«Ces disparités concernent au premier titre les médicaments», a poursuivi la Cnam. «Le montant moyen des prescriptions de médicaments des médecins généralistes s'élève à 52 euros par consultation, mais 25% prescrivent pour 42 euros en moyenne et 25% prescrivent pour 60 euros», a-t-elle révélé.Selon la Cnam, «ces prescriptions semblent liées à des pratiques médicales ou des habitudes particulières, plus qu'à des facteurs objectifs comme les caractéristiques des patients» (âge, pathologie, ndlr). Dans neuf départements (Creuse, Indre, Cher, Nièvre, Yonne, Saône-et-Loire, Loire, Aube, Orne), «cette forte prescription concerne une partie importante des médecins et relève donc plutôt d'un comportement collectif», note la Cnam. Ces prescriptions sont par contre «le fait de quelques médecins isolés» dans quatre départements (Paris, Alpes de Haute-Provence, Haut-Rhin et Bas-Rhin).

Dangereuse boulimie

La Cnam a en outre relevé des disparités géographiques, «sans raison médicale évidente », dans «la part de marché du médicament générique", Paris et la Corse demeurant «les départements les moins consommateurs«. Décidée à contenir l'augmentation des dépenses d'assurance maladie sans jeter l'opprobre sur des médecins «sur-prescripteurs », la Cnam a défini une batterie d'indicateurs et d'objectifs dans quatre domaines : les médicaments génériques, les antibiotiques, les examens thyroïdiens et les transports sanitaires.Pour les génériques, la Cnam a fixé pour «objectif national » de faire passer la part de marché de 60% (de boîtes de génériques par rapport au total de médicaments généricables) à 70% à fin décembre 2004. Un autre objectif est «de faire baisser de 50% d'ici à fin 2004 la part des bilans thyroïdiens complets, trop souvent réalisés, au profit de bilans simples ».Critiqué dans le rapport annuel de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale, le poids financier des transports sanitaires est une autre cible de la Cnam: si les transports en ambulance représentent aujourd'hui 35% des transports sanitaires, la Cnam attend qu'ils soient ramenés à 28,4%.La France, championne d'Europe de la consommation d'antibiotiques, a confirmé en octobre sa capacité à réduire cette dangereuse boulimie en ayant réussi à éviter «plus de 6 millions de traitements inappropriés depuis 2002». La Cnam, qui espère une réduction de 25% du nombre de prescriptions d'antibiotiques d'ici 2007, a fixé «à chaque région un objectif de baisse de 5% pour l'hiver 2004»



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