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Secours d'urgence contre solutions durables

Des associations protestent contre le relèvement à 75% de la déduction fiscale «Coluche»


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La Fondation de France et l'UNOGEP (Union nationale des organismes appelant à la générosité du public) ont protesté mercredi 17 novembre dans des communiqués contre le relèvement de la déduction fiscale dite «Coluche» à 75%, qui crée des «disparités profondes» entre lessecours d’urgences et les solutions durables.

Le Sénat a voté le 4 novembre un amendement gouvernemental au projet de loi de cohésion sociale, visant à relever de 66% à 75% la déduction fiscale dont bénéficient les contribuables pour les dons aux associations offrant aide alimentaire, soins et hébergement aux démunis.<>Pour la Fondation de France et l'UNOGEP, «la distribution de repas aux personnes en grande précarité est importante, mais elle ne constitue pas une cause plus nécessaire que l'aide à l'enfance maltraitée, aux personnes âgées dépendantes, ou le soutien à la recherche médicale».La Fondation de France critique aussi la priorité donnée aux actions menées dans l'urgence, «au détriment des solutions durables»: «Au moment où des milliers d'associations se battent pour mettre en place des solutions durables, un tel amendement est un signal fort de découragement, car il crée un déséquilibre qui va réduire leurs capacités d'intervention».L'amendement Coluche, voté en 1988, a subi récemment plusieurs avatars: la loi sur le mécénat du 1er août 2003 établissait un taux unique de réduction fiscale à 60%, remontant le palier de 50% de réduction pour les dons aux causes «d'intérêt général».Sous la pression notamment des Restos du Cœur, l'assemblée rétablissait la différence à l'occasion de l'examen du collectif budgétaire 2003, et remontait les deux paliers à 66% et 60%. Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale, a voulu accentuer cet écart, «entendant souligner le rôle majeur de ces organismes dans la cohésion sociale», a-t-il dit, et a majoré le plafond pris en compte, qui passerait de 414 euros à 470 euros.«On craint le report des gros donateurs sur les associations bénéficiant de l'amendement Coluche, car la différence est trop importante», souligne la Fondation de France, qui constate que les deux «chantiers prioritaires» du chef de l'Etat, la lutte contre le cancer et les handicapés, sont hors «amendement Coluche».



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