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Loi sur la fin de vie

Les partisans de l'euthanasie ne désarment pas


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Les partisans d'un recours plus large à l'euthanasie ne désarmaient pas, à la veille de l'examen vendredi 26 novembre par les députés d'une proposition de loi définissant un droit au «laisser mourir», qu'ils jugent beaucoup trop restrictif.

Plus d'un an après la mort du jeune tétraplégique Vincent Humbert, l'association «Faut qu'on s'active», soutenue par la mère du jeune homme, dénonce une nouvelle fois jeudi dans un communiqué «l'hypocrisie» du «laissez-mourir» prévu par le texte. «Les signatures de la proposition d'initiative populaire pour une +loi Vincent Humbert+ continuent d'affluer, et +Faut qu'on s'active+ en dénombre aujourd'hui plus de 130.000», indique l'association.Le 24 septembre 2003, Marie Humbert avait injecté une dose de barbituriques à son fils de 22 ans, pour tenter de l'aider à mourir comme il le réclamait depuis un accident de voiture qui, trois ans plus tôt, l'avait laissé tétraplégique, muet, presque aveugle. Ce geste avait échoué mais Vincent Humbert était tombé dans un coma profond. Le 26 septembre, le Dr Frédéric Chaussoy, chef du service de réanimation du centre héliomarin de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais) où il était hospitalisé, lui avait administré une injection mortelle.Pour permettre «une aide active à mourir» dans des cas exceptionnels comme celui-ci, et recueillir des soutiens à une «loi Vincent Humbert», Marie Humbert a entrepris en octobre un tour de France. Cette initiative est appuyée par l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), crée en 1980 par le sénateur radical Henri Caillavet.

Pas d'«obstination déraisonnable»

«Cette proposition de loi n'est pas suffisante. Il faut que les gens puissent partir dans la dignité», a expliqué Mme Humbert jeudi sur LCI. «Si cette loi avait existé, Vincent n'aurait pas pu partir : d'après les médecins, il n'était pas malade, mais handicapé à 100%», a-t-elle ajouté. «Tous les handicapés tétraplégiques que je fréquente me disent la même chose: +le jour où ça deviendra intolérable pour nous, qu'est-ce qu'on fera+?», a lancé Mme Humbert, soulignant que les soins palliatifs ne sont pas en l'occurence la réponse.«Ce que Vincent ne voulait pas, c'est partir tout doucement sans s'en apercevoir. Il voulait partir le jour où il l'avait décidé», a-t-elle ajouté. Les députés doivent examiner à partir de vendredi matin une proposition de loi qui, sans légaliser l'euthanasie, définit un droit au «laisser mourir» et fait l'objet d'un très large consensus à l'Assemblée.Le texte prévoit que les traitements ne doivent pas être poursuivis «par une obstination déraisonnable» et qu'une personne en phase terminale peut décider «de limiter ou d'arrêter tout traitement». Les députés ont également autorisé l'administration de médicaments anti-douleurs, même s'ils accélèrent le décès. Le vote solennel aura lieu le 30 novembre.



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