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Maltraitance familiale

Alma interroge la relation mère-fille


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Michèle Myslinski, psychologue, Maître de conférence à l’Université des Sciences Sociales de Grenoble membre du groupe de réflexion éthique d’ALMA apporte à l’association sa connaissancesur la facette « floue » de la maltraitance familiale. Lors de la journée Nationale d’étude d’ALMA France, du 7 décembre, tenue au ministère elle a visité notamment, la relation mère-fille.La famille : un équilibre propre - Si les rôles et places sont socialement dévolus à ses membres, chaque famille fonctionne selon les représentationsde chacun et les sentiments suscités par chacune de celles-ci. Chaque familleest en ce sens unique. Elle est même différente pour chaque membre. En effet, il n’est pas rare de constater, par exemple, un regard différent chez les membres d’une même fratrie sur leurs parents.Cette originalité de chaque famille –constate Michèle Myslinski- constitue bien une difficulté initiale pour ALMA en interdisant l’utilisation systématique d’un protocole d’intervention dans tous les cas de maltraitance familiale.La tendresse comme fondement - La famille se perpétue grâce l’amour dispensé par les parents et réciproquement. Cette tendresse l’emporte le plus souvent sur l’agressivité que peuvent provoquer des attitudes intrusives et permet de respecter le tabou de la violence.Quand vient la dépendance, cet équilibre fragile des relations au seinde la famille peut facilement basculer. La maltraitance des personnes âgées par leur proche, est le terrain d'investigation d'ALMA. Dans tous les cas, la personne âgée dépend affectivement, au moins de l'autre ... et souvent matériellement aussi. L'investigation est donc délicate, au risque de destruction des bénéfices secondaires du maltraité : le plus âgé, devenu le plus faible.Ma mère ... cette étrangère - Dans les cas de dépendance psychique, notamment, mais ils ne sont pas les seuls, le fossé -souligne Michèle Myslinski- se creuse lors de l'évolution de la pathologie considérée. Chaque nouvelle étapepeut alors être vécue de manière traumatisante -une fugue par exemple-.La fille aidante, - les aidants familiaux, rappelons-le, sont pour les deux tiers des femmes-, se vit alors "attaquée"; elle se défend contre cette mère devenue "mauvaise mère", puisque les rôles se sont même inversés.Fatiguée, épuisée, effrayée par l'image de sa mère -miroir d'un propre avenir ?- elle en vient à imaginer :"Elle veut ma peau". La mère est alors, perçue comme mortifère.Un lieu pour détester Pour l'accompagner dans cette défense contre "la mise à mort par la mère" la fille aidante a besoin d'un lieu de parole ; un lieu où l'on peut aller détester, celui, plus faible, dont on a choisi d'avoir le devoir ou le plaisir de s'occuper"La situation ne peut évoluer que par une phase de deuil du parent d'avant, étape nécessaire à l'accueil du parent affaibli, transformé dépendant.Retrouvez l'intégralité de notre dossier maltraitance



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