Argent, école, accès aux lieux publics: le gouvernement a tenté mercredi 15 décembre, de «renforcer» le projet de loi handicap qui doit doit être examiné en dernière lecture à l'Assemblée nationale du 20 au 22 décembre, nerassurant qu'à moitié les associations sur les ressources minimum, portées de 587 à 728 euros mensuels.
Lors d'une communication en Conseil des ministres, puis devant la presse, la secrétaire d'Etat Marie-Anne Montchamp a rappelé mercredi 15 décembre qu’«une garantie de ressources» égale à 80% du Smic net (soit 728 euros mensuels, précise-t-elle) est prévue pour les personnes handicapées qui ne peuvent pas travailler (environ 160.000), à partir de juin ou juillet 2005. Actuellement, ces personnes ne touchent que les 587 euros par mois de l'Allocation adulte handicapé (AAH).Le projet de loi sur le droit des handicapés qui doit être examiné en dernière lecture à l'Assemblée nationale du 20 au 22 décembre comporte trois volets étroitement liés ;
L'Association des paralysés de France (APF) a estimé que «les propositions gouvernementales paraissent encore floues» et «craint que les personnes en situation de handicap ne voient pas de différence réelle en fin de mois sur leur compte en banque».La Fnath (accidenté de la vie) «apprécie la mesure. Mais nous souhaitions 80% du Smic brut. Nous avons aussi une crainte sur les conditions d'attribution de ce complément». L'exécutif et l'Assemblée semblent plus convaincants sur la question de la scolarité et de l'accès des fauteuils roulants aux lieux publics, après les «reculs» (dixit les associations) du Sénat en octobre.Mme Montchamp s'est ainsi engagé à «réécrire» un amendent sénatorial permettant d'exclure de l'école ordinaire un enfant handicapé s'il perturbait sa classe. Elle a évoqué une «rédaction catastrophique» de cet amendement. «On doit tout faire pour que l'enfant handicapé aille à l'école ordinaire. Cette logique s'arrête quand il en va de l'intérêt de l'enfant», a indiqué la secrétaire d'Etat à la presse, évoquant l'exemple de soins qui seraient incompatibles avec la scolarité.Par ailleurs, «le gouvernement propose un délai de dix ans pour la mise en accessibilité des établissements recevant du public», a-t-elle confirmé. Dès mercredi, la commission des Affaires sociales de l'Assemblée a rétabli ce délai maximum pour aménager les bâtiments publics et transports collectifs aux besoins des personnes en fauteuil roulant (principalement).Les sénateurs avaient supprimé ces délais d'aménagement, suscitant l'ire de l'APF qui avait organisé le 8 décembre une «marche sur Paris», près de l'Assemblée pour demander une «France accessible». Malgré ces promesses, les associations restent vigilantes, soucieuses de saisir leur chance: la dernière grande loi handicap date de 1975.
AdV
mis à jour le 19/12/2004
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