Didier Tabuteau : trois éléments de réponsePremier point : le fait de poser la question de la liberté d’aller et venir face aux exigences de soins et de sécurité est une excellente chose. Les conférences de consensus sont d’ordinaire l’aboutissement d’un long processus d’analyse, de concertation, de débats. Dans le cas qui nous intéresse, nous sommes au début de la démarche. Les principes ont été posés, discutés et validés par un jury de qualité. Les recommandations restent encore générales et demanderont des prolongements.Deuxième point : la problématique de la liberté d’aller et venir doit aussi s’étendre au domicile. Je m’explique : pas plus que les établissements ne sont des lieux d’enfermement, le domicile n’est pas un parfait « espace de liberté ». Le domicile peut aussi être vécu comme contraignant voire fermé. Les réalités sont plus subtiles, plus nuancées. Qu’en est-il de la prise de risque de la personne fragile à son domicile ? Qu’en est-il de la formation des aidants ? Les principes et les recommandations de la conférence de Consensus devront aussi se décliner sur ce champ d’intervention médico-social.Troisième point : le débat contemporain tend à décliner les droits fondamentaux et inaliénables de l’homme dans des situations où sa vulnérabilité pourrait mettre en danger sa citoyenneté. J’ai personnellement travaillé sur la loi sur les droits des malades. Il pouvait paraître incongru de rappeler, préciser les droits fondamentaux pour les personnes malades, hospitalisées ! Or le besoin était réel, cette loi est une avancée.Il en est de même dans nos institutions médico-sociales. Aujourd’hui, cette conférence de consensus est une première étape utile, nécessaire. Il faut continuer.
Didier Tabuteau : nos approches et prises en charge font, je crois, écho aux recommandations de la conférence : accueil, respect des libertés, respect de la dignité, architecture, formations... Nous préparons en 2005 un important projet de formation des personnels non qualifiés de la Fondation.Nous souhaitons aussi aller plus loin dans l’association des familles des personnes accueillies. En n’oubliant jamais que l’essentiel est la volonté des résidents eux-même.Il faut entendre et respecter leur demande personnelle : d’être libre d’aller et venir, comme celle d’être en sécurité.Fondation Caisse d'Epargne pour la Solidarité27-29, rue de la Tombe-Issoire75673 Paris Cedex 14Tel. contact communication Marguerite Azcona 01 58 40 31 44
Propos recueillis par Annie de Vivie
mis à jour le 14/03/2005
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