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Face au "Tsunami gériatrique" , le tout urgence n'est pas une solution.


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Lors d’une conférence de presse ce vendredi 1er avril, la CMH, coordination des médecins , biologistes et pharmaciens des hôpitaux publics, s'est opposée à l'appel à la grève illimitée de l’AMUFH du dr. Pelloux.Jean-Marie Vettel, président du SNGC : syndicat national de gérontologie clinique, est vice-président de cette CMH.Face à ce qu'il appelle "le tsunami gériatrique", il ne souhaite pas que "les moyens soient focalisés sur les seules uregnces".Paroles de terrainLe Dr. François Stierle, du Centre Hospitalier de Mulhouse, remarque lors de cette conférence de presse, qu’en 18 ans, son service des urgences est passé de 1 PH (Praticien hospitalier) à 20 PH, mais sans lit en aval...Très moteur et inventif sur son secteur à Mulhouse (accords avec les pompiers sur des formations, mises en oeuvre d'équipes polyvalentes de terrain, délégations de certains actes d'urgence vers des infirmières formées selon des protocoles validés...), le Dr Stierle souhaite avant tout la sortie des textes urgence (sur lesquels le ministère a fait travailler les professionnels depuis 18 mois)et la mise en oeuvre d'organisations de la permanence des soins, souples et intelligentes localement.

D’où vient cette crise de la permanence des soins ?

Jean-Marie Vettel : Le vieillissement de la population mais aussi le vieillissement de la population médicale avec moins d’appétence à travailler la nuit, l’ « hospitatropisme » de nos concitoyens, la féminisation de notre métier, font que la diminution de la permanence des soins est inéluctable tant en ville qu’à l’hôpital .

Quelles seraient les bonnes approches pour garantir une permanence des soins sur le territoire ?

Jean-Marie Vettel : selon notre syndicat, les approches qui ont ou qui vont échouer sont :

  • L’appel au volontariat seul, on va assister à la loi de la jungle (les plus "implantés", les plus forts travaillant le moins !)
  • L’autoritarisme sans négociations locales
  • Le recours à l’Etat magique
  • Le Grenelle des professionnels seuls. On risque d’assister à des surenchères d’intérêts catégoriels)
  • L’augmentation des moyens des seules urgences.
  • Les urgences de l’hôpital sont un sablier qui ne devrait voir arriver que les vraies urgences, et pouvoir les envoyer, une fois traitées, dans des structures aval adaptées.

    Quelles sont vos propositions ?

    Jean-Marie Vettel : Nous souhaitons que la permanence des soins soit positionnée comme un enjeu de santé publique national.Nous n’avons pas de solutions toutes faites. Nous souhaitons l’engagement d’urgence de conférence tripartite (et non « conventions tripartites »...) : entre les professionnels hospitaliers, les libéraux et les élus représentant des malades.Nous souhaitons un mouvement national mais aussi et surtout une déclinaison locale, concrète et efficace.Pour la gériatrie, je pencherai volontiers pour l’organisation de deux tuyaux : l’un direct vers les urgences pour les réels cas graves, l’autre vers une permanence gériatrique pouvant aussi diriger les cas sur rendez-vous.Notre ministre de la santé est un contemplatif qui tarde à prendre des décisions.Si nous n’appelons pas à la grève comme nos collègues, notre calendrier est néanmoins serré car les vacances approchent !



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