La France laborieuse rechigne à être délestée d'un jour de congé. Seule la CFDT ne s'est pas jointe au mouvement
La CFTC a assuré mardi 5 avril que son mot d'ordre national d'appel à la grève protège les salariés qui cesseront le travail le lundi de Pentecôte pour protester contre la suppression de ce jour férié, et que ceux-ci le feront donc «en toute légalité».«Les salariés qui seront en grève le lundi 16 mai 2005 le seront en toute l'égalité, sous réserve du respect du préavis pour les services publics», affirme la CFTC dans un communiqué. Car, en adressant un courrier le 23 mars 2005 au Premier ministre pour faire état de son «mécontentement face à la suppression d'un jour férié et de revendications professionnelles nationales», la CFTC permet à tout salarié de faire grève «sans être en faute, en fonction de la jurisprudence en vigueur», a expliqué à l'AFP Joseph Thouvenel, secrétaire confédéral de la CFTC.Le syndicat rappelle qu'est «licite», toute «grève de protestation contre les décisions de la puissance publique, si les revendications formulées sur le plan national ont un caractère professionnel». «Tout salarié peut s'associer à un mouvement de grève, même si aucune revendication particulière à l'entreprise n'a été formulée et même si le salarié est seul à suivre ce mot d'ordre dans l'entreprise», selon une décision rendue par la chambre sociale de la Cour de cassation le 29 mai 1979, rapporte la CFTC.La CFTC demande l'«abrogation de la loi dite de solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées » et le «paiement de tous les jours effectivement travaillés».
Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a jugé «indécents», mercredi 6 avril sur France Info, les propos du ministre des Finances, Thierry Breton qui en avait appelé mardi au civisme des Français envers les personnes âgées.«Les propos tenus par M. Breton sont indécents !», a répliqué M. Mailly.«Quand on voit les profits des entreprises cotées au CAC 40, les problèmes de pouvoir d'achat, culpabiliser les salariés en leur disant +vous ne voulez pas travailler parce que vous ne voulez pas aider les anciens+, c'est inacceptable», a réagi M. Mailly.«Ce qui n'est pas acceptable, c'est que le jour férié travaillé est une façon pour le gouvernement d'augmenter la durée du travail de sept heures», a déploré M. Mailly faisant valoir qu'«on est passé de 1.600 heures par an à 1.607 heures».Selon le secrétaire général de FO, «travailler le lundi de Pentecôte n'est pas accepté par les salariés». «Ca ne passe pas car ce n'est pas un système efficace pour régler les problèmes de dépendance», a-t-il affirmé. Par ailleurs, au sujet de la grève dans les services d'urgences hospitaliers, M. Mailly, dans un communiqué, a «suggéré au ministre de la Santé de faire le point sur la situation hospitalière en recevant, de manière bilatérale, les fédérations syndicales des personnels».
Dans un communiqué, le syndicat des cadres juge que la "suppression du jour férié lundi de Pentecôte destinée à financer le plan gouvernemental en faveur des personnes âgées et dépendantes est une mesure mal pilotée et lancée n'importe comment", qui n'est "absolument pas à la hauteur des besoins financiers générés par la dépendance"."Pour que cette journée serve malgré tout à quelque chose, la CFE-CGC proposera aux autres organisations syndicales d'en faire une journée d'action en faveur des rémuné
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a proposé le 2 avril que l'on négocie dans les entreprises le lundi de Pentecôte férié ou que l'on en fasse "une journée de revendication" sur les salaires et le temps de travail, dans une interview à paraître dans le Journal du Dimanche (JDD)."Il y a déjà des entreprises où nous avons obtenu des employeurs qu'ils renoncent à faire travailler leurs salariés ce jour-là. Au vu de ce qui s'est passé le lundi de Pâques, nous suggérons de faire pression auprès des entreprises pour obtenir cela", estime M. Thibault."A défaut, nous pourrions faire du 16 mai, une journée de revendication sur les salaires et le temps de travail, avec des arrêts de travail", ajoute-t-il, estimant que "la CFTC, FO et la FSU sont à peu près dans la même philosophie" mais précisant "ne pas avoir encore entendu la CFDT sur ce sujet".
Le président de la Confédération générale des PME (CGPME), Jean-François Roubaud, s'est dit «scandalisé« jeudi 7 avril par les menaces de grève le jour du Lundi de Pentecôte lancées par plusieurs syndicats, jugeant un tel mouvement «indigne d'un citoyen français».«Je suis scandalisé« par l'appel à la grève envisagé par certains syndicats, a déclaré sur la radio BFM M. Roubaud, qui représente les patrons de PME. La décision du gouvernement de réserver une journée de travail pour financer son plan d'aide aux personnes âgées «coûte aux entreprises, mais nous le faisons avec le sourire, entre guillemets, parce que nous pensons que c'est un devoir de citoyen», a-t-il ajouté.«Je ne peux pas comprendre qu'on puisse dire on va se mettre en grève pour réclamer plus de salaires un jour pareil, c'est scandaleux, ce n'est vraiment pas digne d'un citoyen français», a-t-il encore estimé.
AdV
mis à jour le 10/04/2005
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