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L'Insee se penche sur les solidarités familiales

L'entraide tend à accentuer les clivages sociaux


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L'entraide financière au sein de la famille tend à accentuer les différences de niveaux de vie plus qu'elle ne les corrige.Elle se pratique avec plus d'intensité dans les milieux favorisés, selon une étude publiée jeudi 13 avril, par l'Insee.

«Si l'entraide familiale réduit l'inégalité économique entre les jeunes ménages et les ménages plus âgés, elle est en revanche sans effet sur l'inégalité entre les milieux socio-économiques», selon, Nicolas Herpin, chargé de mission à l'Insee, et Jean-Hugues Déchaux, chercheur à l'Observatoire sociologique du changement. Les deux auteurs ont publié, jeudi 13 avril, par l’intermédiaire de l'Insee, une étude sur les solidarités familiales.Selon eux, loin des «effets égalisateurs» qu'on lui prête parfois, «l'entraide contribue à accuser les différences entre modes de vie dans le continuum des inégalités de revenus». «Plus qu'elle ne les corrige, l'entraide familiale accentue les clivages sociaux», soulignent-ils.«Les politiques publiques, quand elles opèrent des prélèvements et versent des allocations familiales, ont des effets inverses», plaident-ils. Au passage, les auteurs reconnaissent qu'ils mettent à l'épreuve «la vision optimiste, voire idyllique, de l'entraide familiale» apparue il y a 20 ans, «au moment précis où les sociétés occidentales redécouvraient la pauvreté et s'interrogeaient sur les missions de leur Etat providence».En 2001, selon l'enquête Budget de famille de l'Insee, le montant de l'entraide financière versée par un ménage s'établissait en moyenne à 660 euros (sommes occasionelles et régulières, loyers, cadeaux en nature, etc.). Mais, citant différentes études sociologiques, les auteurs constatent surtout que l'entraide varie d'un groupe social à l'autre.

Entraide intense en haut de l'échelle

Dans les classes populaires, elle prend davantage la forme d'échanges de services (aides aux travaux de la ferme, gardes d'enfants, etc.). «Or cette entraide domestique est particulièrement vulnérable à l'éloignement géographique», soulignent les auteurs, qui ajoutent: «l'exode rural et plus généralement la mobilité géographique dans les sociétés industrielles avancées ont davantage pénalisé l'entraide populaire que l'entraide dans les milieux plus élevés».Dans les classes intermédiaires, les auteurs observent surtout «une forte solidarité» à l'intérieur du ménage, marquée par le départ tardif des enfants du cocon familial: «Les couples ont peu d'enfants et ceux-ci font des études longues. Les enfants restent plus tardivement chez leurs pères-mères que dans les autres milieux sociaux».Dans les milieux favorisés, «l'entraide est intense» au moment du départ des enfants: «Les parents assument financièrement le coût de ce départ. Mais une fois donné aux jeunes le goût de l'indépendance, il importe que cette charge soit assumée par ces derniers et cesse de peser sur leurs familles».Les auteurs notent aussi que les milieux favorisés disposent d'«un réseau d'entraide ouvert et diversifié», un réseau qu'ils ont «le souci constant d'élargir à des relations extra-familiales - collègues, voisins, monde associatif».



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