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Interview de Philippe RYSMAN, président de l'ANCCAS

Nous devenons les managers de l'action sociale


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L'ANCCAS : association nationale des cadres communaux d'action sociale organisait son congrès à Blois les 14, 15 et 16 juin à Blois.

Pouvez-vous nous décrire l'ANCCAS aujourd'hui ?

Philippe RYSMAN : L’ANCCAS a 25 ans cette année. Elle regroupe aujourd’hui 300 directeurs de CCAS de toutes tailles (Centre communaux d’action sociale), au regard de l’UNCCAS qui regroupe les élus .En 1980, l’association dénombrait exclusivement des directeur de CCAS, depuis 1995-1997, l’ANCCAS s’ouvre aux cadres des communes : directeurs de foyers-logements, services petite enfance, éducation.. Son siège est basé à Metz mais nos adhérents se compte partout en France y compris en Guyane, Réunion…

Quel était le thème majeur de votre congrès de Blois qui vient de s’achever ?

Philippe RYSMAN Cette année, nosu avons mis en valeur : « la fonction management dans l’action sociale locale ». Les directeurs de CCAS ont à gérer des enjeux plus large que l’action sociale : développement sociale, stratégies de territoire, partenariats locaux à élaborer avec les associations, le conseil général, l’intercommunalité. A l’ANCCAS, nous affirmons que l’action sociale n’a pas qu’une vocation réparatrice mais qu’elle doit entrer dans les enjeux lourds de développement des communes au même titre que la culture, le tourisme…)Face à la complexification réglementaire, les directeurs de CCAS doivent accroître leurs compétences.La question de la gestion des risques face à la gestion de gros équipements (EHPAD : établissements pour personnes âgée dépendantes)est aussi un enjeu important.Notre société tend à chercher des responsables puis des coupables.Lors de nos journées, des directeurs confrontés à ces difficultés ont témoigné : incendies, fugues de résidents (avec le débat du droit au risque), idem pour les gens de la rue en période hivernale.Nos actions ne sont pas garanties à 100%. Notre obligation de moyen est confrontée aux budgets alloués mais aussi à notre volonté de respecter les personnes aidées.L’ANCCAS a souscrit une protection juridique et propose à ses adhérents des protocoles à suivre en cas d’incident, risque majeur…Une juriste nous a quelque peu rassuré : si la montée de la judiciarisation se sent, elle peut aussi être fantasmée. Les juges gardent ainsi une vision « raisonnable » de la vie des services d’action sociale. La réalité des condamnations semble bien en-deça des dérives « à l’américaine ». La notion d’ »accident » reste entendue comme imprévisible, sans coupable nécessaire. Mais pour ce faire, il faut que les professionnels prouvent leur professionnalisme : l’analyse systématique des risques potentiels, l’évaluation des décisions à prendre, la mise en œuvre de protocoles adaptés et parfois individualisés pour respecter les volontés de chaque personne aidée.

Quels sont les projets de l’ANCCAS ?

Philippe RYSMAN : Les directeurs de CCAS sont souvent bien seuls dans leur fonction. L’ANCCAS leur propose donc une rencontre annuelle leur permettant d’échanger leurs idées, leurs solutions…Notre grand chantier aujourd’hui est d’obtenir une reconnaissance claire des statuts de la fonction publique territoriale. En France, les trois fonctions publiques doivent être traitées à égalité : fonction publique d’Etat, fonction publique hospitalière, fonction publique territoriale. Au regard des demandes de la FNADES pour les cadres des établissement sanitaires et sociaux , nous réclamons une égalité de traitement.Un exemple : si une infirmière diplômée d’Etat, une assistante sociale, une aide soignante peuvent être recrutée sur titre à l’hôpital, pour la fonction publique territoriale elle devra subir des épreuves (tests, entretiens…).Pour certains personnels, les indemnisations de la fonction publique hospitalière sont appliquées (exemple + 5,60 € de l’heure pour le travail le dimanche d’une infirmière), mais d’autres métiers sont exclus (comme les agents d’entretien qui touchent 0,74 € /heure travaillée le dimanche).Le ministère de l’intérieur a convenu que ces disparités devaient s’aplanir sans action concrète à ce jour.L’ANCCAS reste donc mobilisée.ANCCAS - Secrétariat généralBP 7409557040 METZ cedex 1



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