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Congrès de Tours et vieillissement de la population

Travailler plus vieux


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Encourager l'emploi des seniors pour solvabiliser les dépenses sociales

Les pays développés, Union européenne en tête, doivent absolument encourager l'emploi des seniors et l'allongement de la vie active s'ils veulent relever le défi du vieillissement de leur population, ont souligné jeudi 21 juillet les experts du Congrès international de la population à Tours. «Si rien n'est fait, le vieillissement entraînera un recul de la population active, une réduction de la croissance économique et d'importantes pénuries de main d'oeuvre», a affirmé lors d'une table ronde Martine Durand, économiste à l'Organisation de la Coopération et du Développement économique (OCDE).Contrairement à une idée reçue, un faible taux d'emploi des plus de 50 ans ne favorise pas l'emploi des jeunes: «C'est dans les pays où le marché du travail est dynamique qu'il y a une augmentation du taux d'emploi des jeunes et des seniors. En France, le chômage élevé des jeunes va de pair avec le faible taux d'emplois des seniors», a-t-elle souligné.De nombreux pays ont déjà réduit les possibilités de retraites anticipées (Italie, Finlande, Espagne, Norvège, France), augmenté l'âge légal de départ en retraite (Autriche, Suisse, Belgique) ou encouragé le travail au-delà (Espagne, Danemark, Royaume Uni).La Suède, l'Allemagne, la Finlande, la France et l'Italie ont aussi pris en compte l'espérance de vie dans le calcul du montant des pensions, alors que les Pays-Bas encouragent le cumul emploi-retraite.Des mesures ont aussi été prises pour inciter les employeurs à recruter des seniors: «Il y a des réductions de charges sociales à partir de 57 ans en Belgique et des subventions à l'embauche après 60 ans au Japon», a rappelé Mme Durand.

«Equipe de travail senior"

Malgré tout, dans de nombreux pays, les salariés partent à la retraite avant l'âge légal, souvent à cause de discriminations liées à l'âge sur le marché de l'emploi. Si vous perdez votre emploi après 50 ans, la chance d'en retrouver un est minime», a souligné Anne-Sophie Parent, de l'ONG européenne AGE, une plate-forme européenne des personnes âgées, financée par un programme européen. «Suivant les secteurs, il y a un âge fatidique au-delà duquel on ne reçoit plus de formation, car les employeurs prétendent ne pas avoir de retours sur investissement. La limite des 50 ans descend à 35 ans pour les secteurs de pointe et les nouvelles technologies», a ajouté Mme Durand.Pour permettre le maintien dans l'emploi des seniors, un changement de mentalité et une amélioration des conditions de travail sont absolument nécessaires, ont souligné les experts.Chercheuse à l'Institut de recherche économique et sociale (Ires) , Annie Jolivet a cité l'exemple des usines Volvo à Torslanda en Suède, qui ont institué des «équipes de travail senior» spécifiques. «Ce sont 10 à 15 personnes avec les mêmes droits et devoirs que n'importe quelle équipe de travail, mais pas avec les mêmes exigences de production», explique un rapport remis en 2002 à la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail. «Après plusieurs années, l'efficacité de telles équipes a permis d'atteindre un taux de production qui est plus proche de la moyenne», indique le document. «Quand on laisse aux gens des marges de manoeuvre, ils arrivent à maintenir leur niveau de performance», a commenté la chercheuse.



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