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Vieillissement et consommation de soins

Les dépenses de médicaments ont subi une nouvelle hausse en 2004


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Les dépenses de remboursement de médicaments ont subi une importante augmentation en 2004, atteignant 17,5 milliards d'euros, malgré le développement des génériques, a révélé jeudi 8 septembre l'assurance maladie qui prévoit de renforcer les contrôles des patients et des médecins.

Les Français demeurent parmi les plus grands consommateurs de médicaments en Europe. En d’autres termes, ils consomment toujours trop de médicaments a indiqué jeudi 8 septembre la Caisse nationale d’assurance maladie. Avec, à titre d'exemple, des ventes d'antibiotiques et de statines (anti-cholestérol) deux fois plus élevées qu'en Allemagne. En 2004, les dépenses de remboursement des médicaments ont représenté une part importante et croissante du budget de l'assurance maladie, atteignant un montant total de 17,5 milliards d'euros, soit 30% des dépenses de soins de ville, selon une étude de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) présentée jeudi.Si la quantité totale de boîtes venduesa quasiment stagné en 2004 (-0,1%, soit 1,8 milliard de boîtes), les coûts ont augmenté de 6%. Cette tendance devrait d'ailleurs être confirmée en 2005 puisque durant les six premiers mois de l'année, ce poste de dépense a connu une hausse de 3,3%. «Il faut poursuivre les efforts car c'est un enjeu majeur de santé publique ainsi que pour l'assurance maladie», a souligné le directeur de la Cnam, Frédéric van Roekeghem, rappelant que le déficit de la branche maladie devrait atteindre 8,3 milliards d'euros en 2005.Cette nouvelle hausse de la consommation médicamenteuse, outre le vieillissement de la population, a deux raisons essentielles. La première tient au «coût particulièrement élevé des nouveaux produits mis sur le marché», a expliqué M. van Roekeghem.

Cancer, diabète...

La seconde explication tient à «la prise en charge à 100% par l'assurance maladie des traitements liés aux affections longue durée (ALD, cancer, diabète etc.)», a relevé M. van Roekeghem. Près de 40% des dépenses présentées au remboursement concernent ainsi des médicaments pris en charge à 100% au titre du régime ALD.En termes de quantités vendues, les antalgiques (315 millions de boîtes) etpsycholeptiques (hypnotiques, anxiolytiques, 122 millions de boîtes) demeurent les familles de médicaments les plus prescrites. Les antibiotiques, qui sont dans le collimateur de l'assurance maladie, arrivent en troisième position avec 87 millions de boîtes.Les médicaments anti-cholestérol restent la classe thérapeutique la plus coûteuse pour la branche maladie qui a dû débourser près d'un milliard d'euros en 2004 pour les rembourser. Pour maîtriser ces dépenses, l'assurance maladie mise sur un renforcement de l'information des prescripteurs, des pharmaciens ainsi que des assurés. Elle prévoit en outre un renforcement des «contrôles ciblés» pour s'assurer en particulier que sont bien respectées les conditions d'une prise en charge à 100% de l'anti-ulcéreux Mopral, dont le montant de remboursement a atteint 210 millions d'euros en 2004.L'assurance maladie compte également beaucoup sur le développement des médicaments génériques pour inverser la tendance. En 2004, ceux-ci ont permis à la Cnam d'économiser 380 millions d'euros.Même si la France demeure en retard sur certains de ses voisins européens, et de l'Allemagne en particulier, «la situation s'améliore car assurés, médecins et pharmaciens comprennent les enjeux», a souligné M. van Roekeghem qui a noté la persistance d'«écarts substantiels entre les régions», l'Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d'Azur restant «un peu en retrait».



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