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Santé, organisation des soins

L'Ordre des médecins s'alarme d'une prochaine pénurie de généralistes


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D’ores et déjà, près de mille postes ne sont pas occupés. Les problèmes réels commenceront en 2010

L'Ordre des médecins a prédit jeudi 29 septembre un avenir sombre pour le monde médical, avec un fort déficit de généralistes à compter de 2010 quand l'arrivée de promotions moins nombreuses ne suffira pas à compenser le départ massif à la retraite de la génération du baby-boom.Lundi, lors de «l'amphithéâtre de garnison» au cours duquel les étudiants en sixième année de médecine choisissent leur filière d'internat et la ville où ils l'effectueront, 971 postes de médecine générale sur plus de 2.000 proposés, n'ont pas été pourvus. Avec le départ à la retraite prévu d'environ 30.000 praticiens à l'horizon 2010, cette désaffection des étudiants pour la médecine générale constitue «un véritable cataclysme», a estimé jeudi le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) au cours d'une conférence de presse sur la démographie médicale française en 2005.«Nous avons atteint un point de non-retour», a déclaré son président Jacques Roland. «Beaucoup d'étudiants en médecine ont préféré redoubler pour tenter d'être mieux classés en 2006» afin de choisir la spécialité de leur choix, a déploré M. Roland, regrettant un «gaspillage de temps et d'argent, lorsqu'on sait qu'un médecin se forme en 10 ans au moins».«Nous nous adressons aux pouvoirs publics afin qu'ils remédient à une situation de pénurie de généralistes qui va avoir des conséquences pour l'ensemble du système français», a-t-il poursuivi, réclamant que l'avenir de la médecine générale soit érigée au rang de «priorité nationale».«Des pans entiers du territoire ne sont plus couverts», a déploré le secrétaire général du Cnom, Jacques Lucas. «Les jeunes ne sont plus attirés par la médecine générale car il n'y a pas de reconnaissance, dans les faits, de cette spécialité», a-t-il expliqué.

recrutement à revoir

Le vieillissement de la profession «s'accentue progressivement» et l'âge moyen des médecins en activité est aujourd'hui de 47,9 ans. Il y a aujourd'hui plus de médecins de plus de 50 ans que de moins de 40 ans, souligne le Conseil. La profession est également frappée de fortes disparités régionales, le phénomène d'«héliotropisme» (attraction des régions ensoleillées), étant particulièrement marqué. «Cette année, dans le nord-est de la France, sur 550 postes de généralistes offerts au choix, environ 200 n'ont pas été choisis, alors que dans le Sud, un seul poste sur 135 n'a pas trouvé preneur», a relevé M. Lucas.«Les médecins privilégient le cadre de vie, parfois au détriment de leur rémunération, puisque les praticiens qui exercent dans les zones rurales ou les banlieues, qui sont de véritables déserts médicaux, gagnent plus que leurs confrères dans le sud», a fait valoir M. Lucas.Selon le Cnom, c'est l'ensemble du processus de recrutement qu'il faut revoir. Il préconise en particulier de transformer les «épreuves classantes nationales» (ECN) des concours de médecine (ex-internat) en «épreuves classantes inter-régionales» (ECIR) pour «stabiliser les étudiants dans la région où ils auront effectué leurs études de 3e cycle par choix et non par contrainte».De même, l'Ordre plaide pour l'instauration de passerelles entre spécialités. «Le système français est trop rigide: récemment, 80 étudiants voulaient devenir orthopédistes, une spécialité qui manque de praticiens, mais leur classement n'était pas assez élevé et ils ont dû se rabattre, contre leur gré, sur la gynécologie-obstétrique», a expliqué M. Roland.



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