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OCDE - Retraites

Il ne doit plus y avoir d'âge obligatoire pour la retraite, selon l'OCDE


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Le vieillissement accéléré de la population des pays industrialisés devrait conduire à mettre en question la notion même d'âge obligatoire de départ en retraite, estime l'OCDE dans un rapport rendu public lundi , 10 octobre à Bruxelles.

«La retraite obligatoire est incompatible avec une politique générale cherchant à abolir la barrière de l'âge pour l'emploi et à offrir aux travailleurs un plus grand choix sur la décision d'arrêter de travailler», indique le rapport. «De toute façon, le vieillissement de la main d'oeuvre fait que le départ en retraite obligatoire pourrait ne plus être supportable» économiquement, estime le document.Sans changement dans les pratiques actuelles, «la proportion des personnes âgées inactives par travailleur va doubler d'ici 2050 dans la zone OCDE, passant de 38% à plus de 70% en 2050», estime l'organisation de coopération et de développement économique (OCDE), qui regroupe 30 pays membres. En Europe, cela veut dire qu'il y aurait alors un inactif pour chaque personne au travail.L'impact sur la croissance par tête serait dramatique, puisqu'elle tomberait au niveau de 1,7% environ dans les trente années à venir, un taux inférieur de 30% à celui enregistré entre 1970 et 2000. La seule solution, pour éviter ce déclin économique et la faillite concommitante des systèmes de retraite, consiste à prolonger la vie active. L'OCDE souligne qu'il y a de la marge, puisqu'en 2004 moins de 60% en moyenne des personnes âgées de 50 à 64 ans avaient un emploi, résultats de politiques destinées à les pousser hors du marché du travail.Dans le même temps, l'allongement de l'espérance de vie fait que le temps passé à la retraite a bondi de manière spectaculaire entre 1970 et 2004, passant de 11 à 18 ans pour les hommes, de 14 à 23 années pour les femmes. Pour modifier les comportements vis à vis des «seniors», il faut d'abord «dissiper un certain nombre de mythes», explique l'OCDE, en particulier «l'affirmation que moins d'emplois pour les travailleurs plus âgés se traduit par plus de travail pour les jeunes». Un postulat qui «bien que non fondé a la vie particulièrement dure».L'organisation met aussi en garde contre la tentation d'utiliser des moyens détournés, comme le chômage ou l'invalidité, pour pousser les travailleurs plus âgés vers la porte.Pour l'OCDE, il faut une modification des pratiques d'emploi de la part des entreprises, qui auront un rôle clef à jouer dans l'agenda de réformes. Cela passe notamment par «la reconnaissance des bénéfices de la diversité de l'âge sur le lieu de travail». S'agissant des mesures spécifiques pour promouvoir l'activité des «seniors», l'OCDE se montre réservée sur les subventions à l'emploi, qui doivent être strictement ciblées, et plus encore sur les règles de protections particulières, aux dangereux effets pervers. Elle croit beaucoup plus à un effort de formation, adaptée aux travailleurs plus âgés, la prolongation de la vie active en faisant un investissement rentable pour les employeurs.Ne rien faire n'est pas une option, car «c'est l'absence de réformes qui menace la viabilité des budgets publics, conduisant au bout du compte à réduire la protection sociale», avertit l'OCDE.



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