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Produits pharmaceutiques – assurance maladie

Une étude révèle le rôle clé des médecins dans la consommation de médicaments


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Les écarts des dépenses publiques de médicaments entre la France, l’Allemagne et l’Angleterre sont liés aux comportements des médecins en matière de prescription et non au nombre de produits pris en charge par la Sécurité sociale, selon une étude de l’Irdes rendue publique le 4 janvier.

Une étude de l’Institut de recherche et de documentation en économie de la Santé (Irdes) révèle le rôle clé des médecins dans la prescription et la consommation de médicaments. Les chercheurs rappellent tout d’abord qu’avec une dépense de 30 milliards d’euros en 2004, la France « est réputée pour son haut niveau de consommation de médicaments ». « Représentant plus de 18% des dépenses publiques de santé, le coût public des médicaments (y) est parmi les plus élevés des pays de l’OCDE » , indique l’étude contre 13,9% en Allemagne et 12,3% en Angleterre.L’Irdes a comparé, dans ces trois pays, les dépenses liées à trois types de médicaments: les benzodiazépines (traitements des troubles du sommeil, de l’angoisse, de l’épilepsie), les vasodilatateurs (maladies des artères, vasculaires cérébrales, etc.) et les médicaments visant à améliorer la qualité de la vie (obésité, tabagisme...). Elle constate, à partir des deux premiers types de médicaments, que « ce n’est pas la taille du panier de médicaments pris en charge » (autrement dit l’ensemble des produits remboursés par la Sécurité sociale) « qui explique les écarts de consommation » . « Dans le cas des benzodiazépines et des vasodilatateurs et malgré un panier comparable, la France a une consommation deux fois plus élevée que l’Allemagne » ,soulignent les auteurs de l’étude. Pour les vasodilatateurs, « les différences de consommation sont essentiellement liées à des différences dans les comportements de prescription des médecins » , explique l’Irdes.Ainsi, note-t-elle, « il semble que l’utilisation de budgets et/ou volumes de prescription individualisés, ainsi que les incitations financières directes qui leur sont adressées, aient eu un effet sur les prescriptions des médecins anglais ou allemands » , ajoute-t-elle. Les médecins anglais sont en effet responsables de leurs budgets de prescriptions, tandis que leurs homologues allemands sont susceptibles de reversements à la caisse s’ils dépassent de 25% un volume-cible mis en place chaque année et ajusté par spécialité, ce qui n’est pas le cas en France.Le cas des médicaments visant à améliorer la qualité de la vie est un peu particulier. Ils ne sont généralement pas pris en charge en France et en Allemagne. En revanche, l’Angleterre prend en charge 16 molécules pour le sevrage tabagique, l’obésité et les dysfonctionnements érectiles, pour 150 millions d’euros en 2002. Cette dépense publique est liée « aux valeurs et priorités nationales » , puisque l’obésité, par exemple, est considérée outremanche comme un domaine d’action prioritaire de santé publique » .



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