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Logement - social - vieillissement

Des immigrés âgés, menacés d'expulsion


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Plusieurs dizaines de septuagénaires maghrébins, menacés d'expulsion après avoir refusé des offres de relogement, ont obtenu mardi un répit au tribunal d'instance de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) qui a renvoyé l'audience au 21 mars.

Etrange affaire! Plusieurs dizaines de septuagénaires maghrébins qui ont refusé une offre de relogement plus confortable sont aujourd'hui menacés d'expulsion. Ils ont obtenu mardi un répit au tribunal d'instance de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) qui a renvoyé l'audience au 21 mars. Le report a été demandé par l'Aftam, organisme gérant le foyer de travailleurs migrants République, à Epinay-sur-Seine, où les résidants convoqués vivent dans des conditions «honteuses», selon le Gisti (La Cimade, le Groupe d'intervention et de soutien aux travailleurs immigrés).L'Aftam, qui souhaite depuis 1998 détruire ce foyer insalubre, a demandé au tribunal l'«expulsion immédiate» de 44 hommes, la plupart Algériens, faute d'avoir réussi à les convaincre d'emménager dans des résidences «confortables».«Dans cette histoire, on marche sur la tête», a commenté Daniel Ferry, directeur opérationnel pour l'Ile-de-France de l'Aftam, qui rappelle que les résidants «ont refusé d'aller fin 2004 dans la résidence tout confort construite pour eux rue du Petit caillou, à Saint-Denis, par la Sonacotra». Depuis, les chambres ont été attribuées à d'autres personnes. Malgré des réunions avec les résidants et une longue enquête sociale, ces derniers sont inquiets du montant de leur nouveau loyer. «Je veux bien être logé comme il faut mais je regarde ce que je gagne», dit Kouider Bektache, présent mardi au tribunal. L'Aftam explique que des simulations calculant le loyer dû après compensation de l'allocation logement ont été faites pour chacun de ces occupants âgés.Patrick Mony, du Gisti, lui, assure le contraire: «il n'y a jamais eu de calcul individuel, il fallait commencer par faire un état de leurs ressources». La plupart ne touchent que le minimum vieillesse et auraient donc eu une augmentation de 20 à 30 euros de leur loyer (l'allocation logement compensant la différence), selon l'Aftam.Les résidants demandent «quelques travaux d'urgence dans les sanitaires et les cuisines», très dégradés, et souhaitent rester dans ce foyer jusqu'en 2008, comme y a été autorisé un autre groupe de résidents, des Maliens, avec qui les Maghrébins entretiennent des relations de rivalité.



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