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Déclin démographique

Le Japon confronté à une «course contre la montre»
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La ministre japonaise chargée des Affaires sociales, Kuniko Inoguchi, a mis en garde contre le déclin démographique qui menace l'Archipel en évoquant, une vraie «course contre la montre».

«C'est une mission difficile mais je n'ai jamais perdu de guerre», a affirmé Mme Inoguchi, première responsable japonaise à recevoir un portefeuille prioritairement consacré aux questions démographiques. Le Japon a connu en 2005 le premier déclin démographique de son histoire en temps de paix, car le nombre de décès a surpassé de 10.000 celui des naissances. Un constat qui a déclenché un véritable choc. Si rien n'est fait, le gouvernement prévoit que le pays ne comptera plus que 60 millions d'habitants en 2100, contre 127,76 millions actuellement. «Ce que je vise dans l'immédiat n'est pas d'accroître la natalité, mais d'essayer de créer une égalité sociale entre les sexes permettant aux femmes de ne plus être confrontées à une décision aussi grave que celle de choisir entre famille ou travail», a expliqué la ministre, également responsable de la parité.Au Japon l'éducation des enfants incombe exclusivement aux mères. Nombre de femmes actives renoncent alors à avoir des enfants pour pouvoir faire carrière. Et l'absence de mesures visant à encourager la natalité, sont citées parmi les principales raisons du déclin démographique. Au Japon, 70% des femmes actives abandonnent leur métier pour mettre au monde leur premier enfant.«De nombreux jeunes gens désirant fonder une famille en sont dissuadés car ils ne sont pas certains de pouvoir l'assumer financièrement», a reconnu Mme Inoguchi. «Aucun individu évoluant dans une démocratie prospère ne devrait être confronté à ce choix et je pense que le Japon est suffisamment riche» pour permettre à chacun de mener à bien vie professionnelle et familiale, a-t-elle poursuivi. Parmi les principales mesures envisagées par le gouvernement, figurent l'augmentation des prestations familiales (six fois moins importantes qu'en France) et la création de crèches.Tokyo envisage également d'encourager le retour des mères à la vie active, une mesure qui fera l'objet d'«un des efforts budgétaires les plus importants de la prochaine année fiscale» (débutant en avril), a souligné la ministre.Pour financer ces mesures, Mme Inoguchi estime être en mesure de «demander à M. Koizumi de (lui) réserver les dividendes du retour à la croissance» du Japon. Si la question d'égalité des sexes provoque quelques grincements de dents chez les plus conservateurs, y compris chez les amis politiques de Mme Inoguchi, cette dernière affirme avoir le soutien total du Premier ministre Junichiro Koizumi.Le déclin démographique risque en outre de peser à terme sur la main d'oeuvre et le sujet est d'autant plus sensible que l'Archipel, ethniquement homogène, rechigne à faire appel aux travailleurs immigrés. «Nous devons totalement intégrer les femmes sur le marché du travail avant d'envisager la solution de l'immigration», estime Mme Inoguchi.Les personnes âgées de plus en plus nombreuses au Japon, qui détient la palme mondiale des plus de 65 ans (20% de la population), doivent également assumer «leur part du fardeau» en travaillant au-delà de l'âge de la retraite, selon la ministre. «Mais cela ne constituera qu'une solution temporaire (au problème démographique) puisqu'ils décèderont dans les années à venir», note-t-elle. Pour inverser la tendance, toute l'attention doit, selon elle, être portée sur les enfants de la génération du baby-boom née après la guerre. «Ils ne seront trentenaires et ne pourront donc enfanter que pendant les cinq prochaines années. La question de la dénatalité est donc un rude combat contre la montre».



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